Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a rejeté lundi le versement d’une aide financière à la Grèce sans qu’Athènes ait présenté d’abord un programme crédible de réduction de son déficit.

«Faire trop tôt des promesses d’aide concrète ne va que conduire à retirer la pression sur la Grèce», a estimé M. Westerwelle à son arrivée à Luxembourg à une réunion avec ses homologues européens.

«Il faut avant tout que la consolidation du budget ait lieu en Grèce», a-t-il estimé. Sinon, «les devoirs de la Grèce ne seront pas réalisés avec l’application et la discipline nécessaire».

Athènes a demandé formellement vendredi l’activation d’un plan d’aide conjoint grâce auquel ses partenaires de la zone euro prêteraient deux tiers et le FMI un tiers d’une somme nécessaire pour combler les besoins de financement du pays.

Mais l’Allemagne, première économie européenne, pourrait dire non à la demande d’aide de la Grèce si Athènes ne met pas en œuvre dans les prochaines années une «politique de rigueur stricte», avait dit dimanche le ministre allemand des finances Wolfgang Schaüble.

Des taux inédits, signe de marchés craintifs

Les taux grecs à 10 ans ont dépassé lundi matin, pour la première fois depuis l’entrée du pays dans la zone euro en 2001, le seuil de 9%. C’est un signe que la demande d’aide formulée par la Grèce vendredi n’a pas suffi à calmer les marchés.

En matinée, les taux longs grecs étaient à 9,116% contre 8,680% vendredi soir, soit leur plus haut niveau depuis l’entrée du pays dans la zone euro en 2001. Leur précédent plus haut datait de vendredi matin, à 8,950%.

Le différentiel entre l’emprunt grec et son homologue allemand à 10 ans (le «spread») qui sert de référence sur le marché obligataire, s’élevait à 607 points de base contre 561 vendredi soir. Il s’agit du plus haut niveau de «spread» pour la Grèce depuis 1997.

Les taux grecs à 2 ans, de leur côté, s’établissaient lundi matin à plus de 12%, du jamais vu également, signe d’une forte défiance à court terme sur la solvabilité du pays et sa capacité à réduire drastiquement ses déficits.