C’est un coup de théâtre que les responsables de l’industrie de la viande n’ont pas vu venir. Le gouvernement de coalition, mené par les conservateurs (CDU/CSU) et les sociaux-démocrates (SPD), a approuvé ce mercredi des mesures radicales envers un secteur qui emploie 128 000 personnes mais qui, depuis des années, fait les gros titres dans le pays et en Europe. Accusation de dumping social via une chaîne de sous-traitants embauchant des salariés d’Europe de l’Est, logements collectifs inadaptés, questionnement sur le bien-être animal, les polémiques ne sont pas nouvelles. Or il aura fallu qu’éclate l’épidémie de Covid-19 pour qu’une réforme de fond soit décidée, après que plusieurs abattoirs et usines de transformation de viande sont devenus des nids de contamination au Covid-19.

En trois semaines, plusieurs d’entre eux ont dû cesser leurs activités en raison d’une explosion du nombre de malades parmi leurs salariés. Dernier en date, dimanche, 92 employés d’un abattoir près d’Osnabrück, en Basse-Saxe, ont été testés positifs au coronavirus. En cause, le manque de respect des consignes d’hygiène et la pratique courante d’héberger les salariés étrangers dans des logements collectifs, parfois insalubres. Des cas similaires de contamination au Covid-19 ont été constatés dans des abattoirs en France et aux Etats-Unis.