Cette fois, le gagnant est vraiment gagnant. Bernie Sanders, 78 ans, est arrivé en tête des candidats démocrates dans le New Hampshire, deuxième Etat à voter en vue de la présidentielle américaine. Il peut le claironner haut et fort, alors que les récents caucus de l’Iowa, en raison d’un couac informatique, avaient sacrément brouillé les pistes avant de permettre à Pete Buttigieg de célébrer sa victoire sur le fil du rasoir.

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Joe Biden s’échappe

Mais laissons l’Iowa de côté. Dans le New Hampshire, qui a pour devise «Vivre libre ou mourir», Bernie Sanders a donc récolté 26% des voix, devant Pete Buttigieg (24,4%), Amy Klobuchar (19,8%), la candidate aux racines suisses qui fait une étonnante percée, et Elizabeth Warren (9,3%). Joe Biden, jusqu’à il y a peu encore favori dans les sondages nationaux, doit faire face à une nouvelle déception dans cet Etat frontalier du Canada, n’arrivant qu’en cinquième position, avec 8,4% des voix. Sentant la défaite, il a d’ailleurs annulé sa soirée de campagne pour se concentrer sur les prochaines étapes: le Nevada et la Caroline du Sud, où se déroulent les deux prochaines primaires – respectivement les 22 et 29 février. Et soigner son électorat afro-américain. Un comportement qui a été très critiqué par Elizabeth Warren.

Son étoile serait-elle en train de pâlir? Pour la première fois, lundi, un sondage de la Quinnipiac University a placé Joe Biden en deuxième position, derrière Bernie Sanders. Le véritable test aura lieu le 3 mars, lors du Super Tuesday, quand 14 Etats américains, les Samoa américaines et les démocrates de l’étranger se prononceront. Deux candidats ont par ailleurs jeté l’éponge, mardi: Andrew Yang, qui prônait notamment un revenu universel mensuel de 1000 dollars pour tous les Américains histoire de compenser les conséquences de la robotisation, et Michael Bennet, sénateur du Colorado, qui n’a jusqu’ici pas vraiment fait les gros titres.

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Les démocrates ne sont désormais plus que neuf en lice. Dernier à être entré dans la course, Mike Bloomberg n’a pas jugé nécessaire de se présenter dans l’Iowa, ni dans le New Hampshire. Il fera également l’impasse sur les deux prochaines primaires, pour se concentrer sur le Super Tuesday. Mais il fait déjà une montée remarquée dans les sondages nationaux et pourrait notamment faire de l’ombre à Joe Biden.

L’appel au calme d’Elizabeth Warren

Ces derniers jours, les échanges ont été très vifs entre les deux favoris, le «socialiste» Bernie Sanders, qui prône une «révolution politique», et le centriste Pete Buttigieg, qui espère grappiller des voix du côté des républicains déçus par Donald Trump. Tous deux étaient sur le terrain jusqu’au dernier moment. Quarante ans les séparent. Dans le New Hampshire, Bernie Sanders était un peu chez lui, puisqu’il vient de l’Etat voisin, le Vermont. Pour Pete Buttigieg, figurer en deuxième position, et, qui plus est, en étant distancé de très peu par le vainqueur, représente également une importante victoire, qui va lui donner de l’élan pour la suite.

Au cours de la soirée, avant la proclamation des résultats officiels, Elizabeth Warren a pris la parole pour dénoncer les divisions qui animent le parti et les attaques personnelles. «Ces tactiques dures peuvent fonctionner si vous êtes prêts à brûler le reste du parti afin de rester le dernier homme debout. Mais si nous voulons battre Donald Trump en novembre, nous avons besoin d’une participation massive au sein de notre parti, et pour obtenir cette participation, nous avons besoin d’un candidat que la plus large coalition de notre parti estime pouvoir soutenir», a-t-elle asséné. «Nous ne pouvons pas nous permettre de tomber dans des factions. Nous ne pouvons pas nous permettre de dilapider notre pouvoir collectif. Nous gagnerons si nous restons ensemble!»

Bernie Sanders a tenu à se montrer rassurant à ce sujet, lorsqu’il a pris la parole un peu plus tard. Il a aussi précisé: «Ma victoire, ici, représente le début de la fin pour Donald Trump!»

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