Une exposition photographique dans la médina d’Hammamet, samedi matin. Une cérémonie dans le cimetière catholique de la cité tunisienne le lendemain. Les commémorations des 20 ans de la mort de l’ancien premier ministre Bettino Craxi se déroulent à distance de sécurité de son pays d’origine et des polémiques resurgies. L’Italie se demande aujourd’hui s’il faut réhabiliter le nom d’un premier ministre condamné suite à l’opération «Mani pulite», une série d’enquêtes ayant balayé la classe politique au début des années 1990 et mis un terme à la première République.

«Rétablir la vérité»

Le débat n’a pas atteint la rive sud de la mer Méditerranée, où l’ancien secrétaire du Parti socialiste s’était réfugié en 1994 avant deux condamnations pour corruption et financement illégal de parti. Il «n’a pas besoin de réhabilitation», tranche d’emblée sa fille Stefania, récusant un terme qu’elle considère comme «staliniste». Sénatrice dans les rangs de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, ami du leader de gauche, elle répond au Temps depuis la résidence familiale tunisienne. Elle était sur place mercredi déjà pour préparer ce 20e anniversaire.