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David Cameron s'exprime devant la presse à Londres, le 20 février.
© JUSTIN TALLIS

Union européenne

Le beurre et l’argent du beurre 

Le premier ministre britannique a profité d’une Union affaiblie et divisée pour pousser ses revendications. Analyse

Le plus souvent, un accord, résultat des négociations entre deux parties, laisse une impression de gagnant-gagnant. Celui arrêté vendredi à Bruxelles ressemble davantage à un chantage exercé par le premier ministre britannique sur une Union européenne (UE) fragilisée par la crise des réfugiés, décrédibilisée aux yeux de ses citoyens et menacé de dislocation tant les divisions à l’intérieur sont profondes. Dans ces circonstances, les dirigeants européens ne pouvaient pas se payer le luxe d’un échec.

David Cameron tenait le couteau par le manche. On peut parler de chantage du fait que certaines de ses revendications n’étaient pas seulement irréalistes, mais aussi insultantes. Celle de priver les travailleurs d’Europe de l’est d’allocations sociales durant treize ans est l’un des exemples. Un autre concerne la demande d’un droit de veto de Londres sur la réglementation bancaire, histoire de ne pas assujettir la City à l’Union bancaire.

Lire aussi : Le plus difficile commence pour David Cameron

L’Union n’aurait peut-être pas dû entrer dans le jeu de Cameron. C’est lui qui avait eu l’idée d’organiser un référendum dans le but de sauver sa propre peau au niveau de la politique intérieure. Fin observateur de la politique européenne, Michel Karchitschnig, rédacteur en chef de Politico, influent journal en ligne, ne dit pas autre chose. Il a relevé que le débat européen sur le Brexit est secondaire par rapport à la crise des réfugiés en Europe, mais que les dirigeants de l’UE étaient plus préoccupés par l’avenir du Parti conservateur britannique. David Cameron a effectivement lancé le projet de référendum parce que sa formation perdait du terrain au profit d’eurosceptiques de Nigel Farage.

Tout le long du sommet, le premier ministre britannique a donné l’impression que la maison européenne lui importait peu. Il n’a pas cessé de marteler qu’il ne signerait l’accord que s’il correspondait à ses besoins. On sait qu’il est sous forte pression de la presse britannique ainsi que des membres de son propre parti qui jugent que l’accord de Bruxelles apporte peu au pays.

Les Britanniques vont donc profiter de ce qu’il a de mieux en Europe, sans devoir en assumer toutes les responsabilités. C’est ce qu’on appelle avoir le beurre et l’argent du beurre.

Mais les jeux ne sont toutefois pas faits. David Cameron pourrait même être pris dans son propre piège. Au cas où le oui au Brexit l’emporte en juin prochain, il n’échapperait pas à un nouveau débat sur l’unité du Royaume-Uni. Les Ecossais sont attentifs au sujet et ils n’ont aucune envie de suivre leurs voisins anglais dans la voie de l’isolement. Se poserait alors une nouvelle fois la question de leur indépendance vis-à-vis de Londres.

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