L'Essentiel

  • La Russie a revendiqué mercredi la prise de deux villages près de Bakhmout, ville de l'est de l'Ukraine aujourd'hui largement détruite, que les forces russes tentent de conquérir depuis l'été.
  • Le parlement allemand a approuvé une résolution reconnaissant en tant que génocide la grande famine des années 1930 en Ukraine, causée par le régime soviétique, et connue sous le nom d’«Holodomor».
  • Une lettre piégée a été adressée à l'ambassade ukrainienne à Madrid mercredi. Un employé a été blessé.

Biden «prêt à parler» avec Poutine si ce dernier «cherche un moyen de mettre fin à la guerre»

Le président américain Joe Biden s’est dit «prêt» jeudi à parler avec son homologue russe Vladimir Poutine si ce dernier «cherche un moyen de mettre fin à la guerre» en Ukraine. «Je suis prêt à parler à Poutine s’il cherche un moyen de mettre fin à la guerre. Il ne l’a pas encore fait», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse commune avec Emmanuel Macron.

Biden et Macron s’engagent à soutenir l’Ukraine «aussi longtemps qu’il le faudra»

Les Etats-Unis et la France continueront à soutenir l’Ukraine «aussi longtemps qu’il le faudra», ont déclaré jeudi Joe Biden et Emmanuel Macron dans un communiqué commun. Les présidents américain et français «réaffirment le soutien continu de leurs pays à l’Ukraine» et s’engagent notamment à lui fournir «une aide politique, sécuritaire, humanitaire et économique aussi longtemps qu’il le faudra», selon ce document.

Le président français Emmanuel Macron a aussi assuré jeudi qu’il ne «pousserait jamais les Ukrainiens à accepter un compromis qui serait inacceptable pour eux» concernant l’agression russe, parce que cela ne permettrait pas de construire «une paix durable».

La Russie doit payer pour la reconstruction de l’Ukraine estime Josep Borrell

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a annoncé jeudi qu’il allait étudier avec ses partenaires de l’OSCE, dont la réunion s’est ouverte à Lodz en Pologne, «toutes les possibilités légales» destinées à contraindre la Russie à payer pour la destruction de l'Ukraine. «Nous avons saisi près de 20 milliards d’euros auprès d’oligarques et de personnes soutenant la Russie et nous contrôlons environ 300 milliards de ressources financières de la banque centrale russe», a-t-il dit. «Cet argent doit être utilisé pour la reconstruction de l’Ukraine», a-t-il insisté au cours de cette réunion ministérielle de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Aleksandar Vulin, un pro-russe nommé à la tête du renseignement serbe

Le gouvernement serbe a nommé jeudi Aleksandar Vulin, un pro-russe proche du président Aleksandar Vucic, à la tête des services de renseignement serbes (BIA), a annoncé la télévision d'Etat (RTS). Agé 50 ans, cet ancien ministre de la Défense et de l'Intérieur est connu pour ses déclarations nationalistes qui ont souvent causé des froissements diplomatiques avec les pays voisins de la Serbie. Il est aussi un des rares responsables étrangers européens à s'être rendu à Moscou après le début de l'invasion russe de l'Ukraine. Il avait rencontré en août dernier le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et lui avait répété que Belgrade n'introduirait pas de sanctions contre la Russie.

Plus de 1300 prisonniers ont été libérés depuis le début de la guerre

Plus de 1300 prisonniers ukrainiens ont été libérés lors d’échanges avec la Russie depuis le début de la guerre en février, a annoncé jeudi le président Volodymyr Zelensky après un nouvel échange entre Kiev et Moscou. Selon son chef de cabinet, Andriï Iermak, «50 défenseurs de l’Ukraine ont été libérés» jeudi, dont des «défenseurs de Marioupol et d’Azovstal», l’aciérie de cette ville portuaire du sud de l’Ukraine pilonnée au printemps par l’armée russe avant de tomber. Il a précisé que «des prisonniers qui se trouvaient à Olenivka», une prison contrôlée par la Russie dans l’est de l’Ukraine, avaient été également libérés. Ce centre de détention avait été bombardé en juillet causant la mort de nombreux prisonniers de guerre ukrainiens. «Nous ne nous arrêterons pas tant que nous ne (les) aurons pas tous récupérés. Après l’échange d’aujourd’hui, ce sont déjà 1.319 héros qui sont rentrés chez eux», s’est félicité le président ukrainien sur Telegram.

L'UE proche d'une décision pour plafonner les prix du pétrole russe

Les 27 pays de l'UE étaient proches de finaliser un accord jeudi soir pour imposer un plafond de 60 dollars par baril aux prix du pétrole russe vendu à des Etats tiers, en complément de leur embargo qui entre en vigueur lundi, selon des sources diplomatiques. Le mécanisme prévoit d'interdire les services de transport maritime (fret, assurance...) pour le pétrole russe au delà du plafond, afin de limiter les recettes tirées par Moscou de ses livraisons aux pays qui n'imposent pas d'embargo, comme la Chine ou l'Inde.

Il s'agit de réduire les ressources qui permettent à la Russie de financer la guerre en Ukraine. La Commission européenne a proposé un plafond de base de 60 dollars, assorti d'une limite à 5% en dessous des cours du marché, si ces derniers devaient tomber sous ce seuil, selon les sources diplomatiques concordantes.

En Espagne, salve de lettres piégées similaires à celle de l’ambassade d’Ukraine

Plusieurs lettres piégées «similaires» à celle ayant explosé mercredi à l’ambassade d’Ukraine ont été interceptées en Espagne, dont deux adressées au premier ministre et à sa ministre de la Défense, ont révélé jeudi les autorités. D’autres lettres ont été également envoyées à l’ambassade des Etats-Unis en Espagne ou à une entreprise d’armement fabriquant des lance-grenades donnés par Madrid à Kiev au début de l’invasion russe.

Une «enveloppe contenant du matériel pyrotechnique» et adressée «au président du gouvernement Pedro Sanchez» a été «détectée et neutralisée par les services de sécurité de la Présidence du gouvernement» le «24 novembre», a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.

L’Ukraine accuse le directeur de la centrale de Zaporijjia d’être un «traître»

L’opérateur nucléaire ukrainien Energoatom a accusé jeudi le nouveau directeur ukrainien de la centrale de Zaporijjia (sud), nommé la veille par la Russie qui s’est approprié le site, d’être un «traître» pour avoir accepté de collaborer avec Moscou. Mercredi, Iouriï Tchernitchouk, un ingénieur ukrainien qui travaillait déjà dans la centrale, avait annoncé dans un communiqué «accepter» la proposition russe de diriger ce site nucléaire.

«Iouriï Tchernitchouk, (jusque-là) ingénieur en chef adjoint de la centrale, qui a exercé ses fonctions pendant la guerre, a trahi l’Ukraine et est passé du côté de l’ennemi», a déploré jeudi le chef d’Energoatom Petro Kotine dans un communiqué, sa première réaction sur le sujet. «Au lieu de tout mettre en œuvre pour libérer la centrale au plus vite, il a décidé d’aider les occupants russes à légaliser leur appropriation criminelle (du site) et incite désormais d’autres employés à le faire», a-t-il encore regretté. Pour Petro Kotine, «il répondra tôt ou tard de tous (ses actes) devant la loi et devant les gens».

Kiev appelle les Occidentaux à sanctionner l’industrie russe de production de missiles

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, a appelé jeudi les Occidentaux à sanctionner l’industrie russe de production de missiles, à la suite des frappes massives qui ont infligé de lourds dommages aux infrastructures énergétiques en Ukraine. Après avoir essuyé des défaites militaires humiliantes sur le terrain, la Russie a commencé en octobre à viser des installations énergétiques ukrainiennes, entraînant de graves coupures d’électricité qui affectent des millions d’Ukrainiens chaque jour.

«Josep Borrell et moi sommes d’accord: une guerre totale (de la Russie, ndlr) contre l’Ukraine signifie un soutien total à l’Ukraine», a déclaré sur Twitter Dmytro Kouleba à l’issue d’un entretien avec son homologue européen, en marge d’une réunion de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) à Lodz en Pologne.

«J’ai remercié l’UE pour son aide continue en matière de défense et souligné que les prochaines sanctions de l’UE devraient inclure (…) l’industrie russe de production de missiles: il faut mettre un terme» à cette production, a-t-il exhorté.

Macron confirme qu’il parlera dans les prochains jours avec Poutine

Le président français Emmanuel Macron, en visite d’Etat à Washington, a confirmé jeudi qu’il s’entretiendrait dans les prochains jours avec son homologue russe Vladimir Poutine, dans une interview à la télévision américaine. «Je voulais d’abord faire la visite d’Etat et avoir une discussion poussée avec le président Biden et nos équipes ensemble», a-t-il expliqué sur la chaîne ABC.

Parmi les nombreux sujets évoqués lors de cette visite d’Etat à Washington qui a débuté mercredi, Joe Biden et Emmanuel Macron voudront certainement afficher leur entente sur la réponse à apporter à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le chef d’Etat français a appelé jeudi à «une paix durable» pour mettre fin à ce conflit.

Un tribunal sur l'intervention russe en Ukraine n'aurait «aucune légitimité», dénonce le Kremlin

Le Kremlin a affirmé jeudi que la création d'un tribunal pour juger les actions de Moscou en Ukraine, notamment de possibles crimes de guerre, n'aurait «aucune légitimité», Bruxelles s'étant déclaré la veille favorable à un tel projet.

«En ce qui concerne ces tentatives de créer des tribunaux, elles n'auront aucune légitimité, nous ne les accepterons pas et nous les condamnerons», a indiqué à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Il a aussi affirmé que les enquêteurs russes menaient un travail «minutieux» pour documenter en Ukraine «tous les crimes du régime de Kiev».

En Suisse, le statut de protection S a dans l'ensemble bien fonctionné

Le statut de protection S pour les réfugiés ukrainiens a dans l'ensemble bien fonctionné, selon le groupe d'évaluation nommé par le Conseil fédéral. Cet organe identifie toutefois plusieurs aspects qui pourraient être améliorés.

Dans son rapport intermédiaire remis à la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, le groupe d'évaluation évoque notamment la possibilité de préciser les bases légales concernant l'octroi du statut S, sa révocation ou le déroulement de la procédure, indique jeudi le Département fédéral de justice et police (DFJP).

Moscou accuse Berlin de «diaboliser» la Russie

La Russie a accusé jeudi Berlin de chercher à la «diaboliser» après que les députés allemands ont voté une résolution qualifiant de «génocide» la famine orchestrée par Staline qui a fait des millions de morts en Ukraine dans les années 1930. En 1932 et 1933, environ 3,5 millions d'Ukrainiens ont péri du fait de l'«Holodomor», un terme qui signifie, en ukrainien, l'extermination par la faim. Les récoltes étaient alors confisquées par le régime stalinien au nom de la collectivisation des terres.

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L'Ukraine et de nombreux historiens estiment que cette famine massive, qui a aussi fait de nombreuses victimes au Kazakhstan, une autre ancienne république soviétique, est un «génocide». Mais la Russie, où le président Vladimir Poutine s'efforce de réhabiliter le passé stalinien, réfute toute volonté d'extermination du peuple ukrainien.

40% du réseau électrique ukrainien toujours hors d'usage

Près de la moitié du réseau électrique ukrainien restait jeudi hors d'usage, une semaine après les dernières frappes russes sur les infrastructures énergétiques, a indiqué l'opérateur privé DTEK, tout en soulignant les efforts «de jour comme de nuit» des électriciens pour les réparer.

«La Russie a détruit 40% du système énergétique ukrainien avec des attaques terroristes aux missiles. Des dizaines de travailleurs de l'énergie ont été tués et blessés», a affirmé DTEK dans un communiqué publié sur Telegram. Après avoir essuyé des défaites militaires humiliantes sur le terrain, la Russie a commencé en octobre à viser des installations énergétiques ukrainiennes, provoquant de graves dégâts et entraînant des graves pénuries d'électricité qui affectent des millions d'Ukrainiens chaque jour.

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En Suisse, les avoirs russes bloqués s'élèvent à 7,5 milliards de francs

La somme des avoirs financiers bloqués de personnes russes en lien avec la guerre en Ukraine s'élève à 7,5 milliards de francs au 25 novembre 2022, indique le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) jeudi.

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Un contrat à 1,2 milliard pour fournir des missiles à l’Ukraine

L’armée américaine a attribué à l’entreprise Raytheon Technologies un contrat de 1,2 milliard de dollars pour la fourniture de six systèmes de missiles sol-air (Nasams) à l’Ukraine, a indiqué le Pentagone. Les États-Unis ont approuvé l’envoi d’un total de huit Nasams pour contrer les attaques de missiles et de drones russes. L’Ukraine a reçu sa première livraison de deux de ces systèmes de défense aérienne en novembre. Les autres seront livrés dans les mois à venir, une fois qu’ils seront construits.

«Venez en Ukraine», lance Volodymyr Zelensky à Elon Musk

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a critiqué une proposition de plan de paix faite par le milliardaire américain Elon Musk pour mettre fin à la guerre, qui avait suscité une controverse sur Twitter en octobre. Il suggérait notamment que la Crimée reste partie intégrante de la Russie mais aussi l’organisation de nouveaux référendums sous supervision de l’ONU dans les régions ukrainiennes «annexées» par les Russes, et un statut de pays neutre pour l’Ukraine.

Lors d’un événement organisé par le New York Times, Volodymyr Zelensky a semblé tourner en dérision la proposition du milliardaire non-conformiste. «Je pense que soit quelqu’un a une influence sur lui, soit il tire des conclusions par lui-même», a-t-il déclaré. «Si vous voulez comprendre ce que la Russie a fait ici, venez en Ukraine et vous verrez tout par vous-même», a ajouté le président ukrainien. «Et ensuite, vous me direz comment mettre fin à cette guerre, qui l’a déclenchée et quand elle pourra être terminée.»

Le Parlement français condamne le «crime d’agression» de la Russie

L’assemblée nationale française a affirmé son soutien à Kiev et condamné «avec la plus grande fermeté l’attaque brutale, injustifiée et illégale» de la Russie envers l’Ukraine, dans une résolution a été adoptée à une forte majorité. Déposé par les groupes de la majorité présidentielle, le texte appelle à «une zone de protection autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia», la plus grande d’Europe. Il affirme le «soutien le plus total à l’Ukraine, son peuple, sa souveraineté et son intégrité territoriale».

La résolution, qui n’a pas de valeur législative, a été adoptée par 303 voix. Les groupes LFI et RN se sont largement abstenus. Un député LFI a voté contre. Une large partie de l’assemblée a applaudi son adoption, se tournant vers l’ambassadeur d’Ukraine en France Vadym Omelchenko, présent dans l’hémicycle.

La résolution condamne les «crimes de guerre, voire crimes contre l’humanité» de la Russie. Elle demande d'«intensifier les sanctions» contre la Russie et son président Vladimir Poutine et à ce que le gouvernement français et l’Union européenne soutiennent «toute initiative de nature à encourager la fin du conflit». Elle plaide également pour que «la France continue de prendre une part active dans l’accueil des réfugiés ukrainiens».