Une technique efficace mais dangereuse se généralise parmi les manifestants en Biélorussie: identifier les agents coupables d’exactions en leur arrachant leur cagoule. Ces policiers spéciaux, habillés en civil et armés de matraque, cachent leur identité. Ils sont les plus redoutés, agissent en groupe, cherchent à intimider et sont adeptes des charges surprises. Ils sortent de leurs fourgons et agressent les manifestants. Coups de poing, coups de matraque, tous les moyens sont bons pour disperser les groupes et arrêter des centaines de personnes avant de les transférer vers les prisons d’Akrestina et de Zhodino, connues pour les exactions qui y sont commises.

Nous voulons tout savoir d’eux. Leurs noms, leurs adresses, leurs lieux de travail, le nom de leurs femmes, les écoles de leurs enfants. Nous voulons détruire leurs vies. 

Nelly, opposante de 71 ans 

Nous voulons tout savoir d’eux. Leurs noms, leurs adresses, leurs lieux de travail, le nom de leurs femmes, les écoles de leurs enfants. Nous voulons détruire leurs vies. 

Nelly, opposante de 71 ans 

Les rumeurs qui courent sur ces brigades, drogués ou payés des milliers de dollars, restées loyales à Alexandre Loukachenko vont bon train. «Une amie était mariée avec un de ces policiers. Depuis leur divorce, il lui verse 25% de son salaire, soit environ 2000 francs. Il doit donc en gagner au moins 8000», raconte Elena, 60 ans. «Ce sont d’anciens taulards. Un jour, nous en avons regardé dans les yeux. Ils n’étaient pas normaux. Ces types sont probablement drogués», explique Karina, 30 ans, mannequin et opposante.