Terrorisme

Le bilan de l’attentat de Strasbourg s’alourdit

Une autre victime a succombé à ses blessures, portant le bilan de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg à quatre morts, une victime en état de mort cérébrale et 11 blessés. Quant à la revendication de l’EI, le gouvernement français la juge «totalement opportuniste»

La vie reprenait doucement son cours à Strasbourg, dans le nord-est de la France, avec la réouverture du très touristique marché de Noël, endeuillé par l’équipée meurtrière de Cherif Chekatt, tué jeudi soir par la police au terme de 48 heures d’une traque angoissante.

Cet attentat, qui selon un nouveau bilan provisoire a fait quatre morts, une victime en état de mort cérébrale et 11 blessés mardi soir au cœur de cette ville toute proche de la frontière allemande, a été revendiqué par le groupe Etat islamique, mais le gouvernement français doutait de son implication.

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a jugé «totalement opportuniste» la revendication de l’EI.

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Le groupe djihadiste, qui appelle régulièrement à viser les pays membres de la coalition internationale anti-djihadiste en Syrie et en Irak, a affirmé jeudi soir que Cherif Chekatt, 29 ans, était l’un de ses «soldats», peu après la mort de ce dernier.

Venu à Strasbourg, le procureur de Paris, Rémy Heitz a indiqué que deux personnes de l’entourage de l’assaillant avaient été placées en garde à vue la nuit dernière, portant le total à sept personnes en garde à vue.

«L’enquête va désormais se poursuivre pour identifier d’éventuels complices ou coauteurs susceptibles de l’avoir aidé ou encouragé dans la préparation de son passage à l’acte», a-t-il ajouté.

Des témoignages déterminants

Né à Strasbourg, Cherif Chekatt avait un passé judiciaire très chargé (27 condamnations en France, en Allemagne et en Suisse) et était fiché «S» («sûreté de l’État») pour sa radicalisation islamiste.

Faute de piste, malgré les importants moyens déployés, la police avait fini par diffuser un avis de recherche mercredi soir.

Cela a «permis de recueillir près de 800 appels» dont deux témoignages «déterminants» qui ont permis de localiser la zone où se cachait le fugitif, a souligné le procureur de Paris. «Une opération d’ampleur mobilisant un hélicoptère» a alors été engagée, «afin de concentrer les recherches sur ce secteur», situé au sud du centre-ville, a-t-il indiqué.

Nouvel échange de tirs

Répéré par une patrouille de police, Cherif Chekatt a fait mine d’entrer dans un immeuble avant de pointer son arme vers les policiers qui se rapprochaient, selon le procureur.

«Un projectile a atteint le véhicule de la police au-dessus de la portière arrière gauche. Deux des trois policiers ont alors riposté, tirant à de nombreuses reprises, et tuant l’auteur», a-t-il précisé.

Après ce dénouement, les forces de l’ordre ont été applaudies par les badauds, rassemblés aux abords du périmètre de sécurité. «Bravo!», ont lancé certains d’entre eux.

«Merci à l’ensemble des services mobilisés, policiers, gendarmes et militaires. Notre engagement contre le terrorisme est total», a tweeté Emmanuel Macron, qui doit se rendre à Strasbourg ce vendredi.

Malgré ces hommages rendus aux forces de l’ordre, des questions demeurent sur d’éventuelles failles dans le dispositif de sécurité.

Quelque 500 policiers, agents de sécurité, militaires sont déployés chaque année sur le marché de Noël de Strasbourg pour en contrôler l’accès et assurer la sécurité des deux millions de visiteurs, venus du monde entier.

Cherif Chekatt est pourtant parvenu à entrer dans ce périmètre, armé d’un revolver et d’un couteau, pendant les heures où les accès sont contrôlés.

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«La sûreté à 100%, c’est très difficile à organiser mais les forces de sécurité qui étaient présentes et nombreuses sur le marché de Strasbourg ont parfaitement réagi», a estimé vendredi la ministre des Armées, Florence Parly.

Autre débat, des voix se sont aussi élevées dans l’opposition de droite pour réclamer des mesures plus strictes à l’encontre des personnes suivies par les services de renseignement pour leur radicalisation religieuse.

La question des fichés S

A chacun de ses séjours en prison, Cherif Chekatt avait été repéré pour son prosélytisme «parfois agressif», lui qui avait une affiche de Ben Laden dans une de ses cellules. Il était fiché S (pour «Sûreté de l’Etat») pour sa radicalisation.

Ces «fichés S» doivent pouvoir être déférés devant la justice pour «intelligence avec l’ennemi», a réclamé la présidente du parti d’extrême droite Rassemblement national (RN) Marine Le Pen, rejointe par certains responsables de la droite modérée.

«Un mauvais débat», leur a répondu vendredi Florence Parly, estimant qu’on «ne peut pas arrêter quelqu’un pour le seul motif qu’on pense qu’il va peut-être commettre quelque chose».

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