L'essentiel

Le nombre de victimes du Covid-19 devrait dépasser les 200 000 à l'échelle mondiale, dont 1329 pour la Suisse. Pour vaincre la pandémie, l'ONU veut obtenir un vaccin disponible pour tous. En attendant, plusieurs pays hâtent leurs préparatifs en vue d'une possible deuxième vague.


■ Au moins 20 000 morts en Grande-Bretagne

Le Royaume-Uni a dépassé les 20 000 morts à l'hôpital de patients atteints par le nouveau coronavirus, selon un dernier bilan diffusé samedi.

Mais ce chiffre ne traduit pas en temps réel l'évolution de la pandémie, car, assure l’université d'Oxford, un tiers des 711 décès supplémentaires recensés en Angleterre datent de plus d'une semaine. 

Le comptage quotidien des autorités ne prend pas en compte les maisons de retraite où, affirment des représentants du secteur, plusieurs milliers de personnes âgées sont mortes.

 

■ La Révolution des Oeillets en chantant

Les Portugais célèbrent le 46e anniversaire de la Révolution des Oeillets en chantant à leur fenêtres, contournant ainsi l'interdiction de se rassembler pour les traditionnels défilés populaires en raison de la pandémie de coronavirus.

A 15H00 locales (14H00 GMT), ils ont été nombreux, oeillets rouges à la main ou saluant leurs voisins, à entonner la chanson "Grandola Vila Morena", symbole du coup d'Etat militaire qui, le 25 avril 1974, a mis fin à 48 ans de dictature fasciste et 13 ans de guerres coloniales, puis l'hymne national.

 

■ Un instantané: en attendant l'ouverture des Garden centers

Un bon nombre de magasins en Suisse s'apprêtent à ouvrir ce lundi, comme ce center garden du canton de Berne.

 

■ Le cri du coeur du chef Alain Ducasse

Manger au restaurant est probablement plus sûr que chez soi, estime le chef français multi-étoilé Alain Ducasse. Il demande au gouvernement un «déconfinement partiel de la restauration responsable».

Pour le chef français multi-étoilé l'affaire est entendue: «Aujourd'hui, il vaudrait mieux manger dans un restaurant qui est un peu précautionneux qu'à la maison quand vous êtes obligé d'aller dans un mini-supermarché à côté de chez vous où tout le monde touche les fruits, se croise et n'a pas de masque», dit-il.

Le chef aux 17 étoiles Michelin, a assisté vendredi à une réunion du secteur de la restauration avec le président Emmanuel Macron. Selon Alain Ducasse, les restaurants français pourraient rouvrir «entre le 2 et le 20 juin» si la pandémie faiblit.

 

■ Equipage testé positif

Il y avait eu le précédent du Diamond Princess et ses quelques 700 personnes infectées parmi les 3700 occupants. Le Costa Atlantica, lui, n'avait pas de passagers. Mais, à bord de ce paquebot sous pavillon italien, arrivé en janvier dans le port méridional de Nagasaki pour des réparations, se trouvaient 623 membres d'équipage. Près d'un quart d'entre eux ont été testés positifs au nouveau coronavirus, annonce un responsable officiel japonais.

Les autorités locales avaient été alertées il y a une semaine environ par le croisiériste, Costa, à la suite d'une suspicion de contamination parmi les membres de l'équipage qui ont depuis lors tous subi des tests.

Les 57 derniers ont été effectués samedi et le nombre total des cas s'élève désormais à 148. On ignore pour le moment leurs nationalités et leurs âges. On sait juste qu'à l'exception d'un interprète, aucun n'est japonais. 

 

■ Légère hausse en Suisse

 
La progression continue, mais à un rythme beaucoup moins élevé. La Suisse a enregistré samedi 217 nouveaux cas de coronavirus en un jour, soit légèrement plus que la veille (181). A ce jour, 1329 personnes sont décédées des suites de la maladie, selon le dernier état de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Au total, le pays compte 28 894 cas confirmés de Covid-19. L'incidence se monte à 337 cas pour 100 000 habitants. A ce jour, environ 245 300 tests ont été effectués pour le Sars-cov-2, dont 14% étaient positifs. Les cantons de Genève, Tessin, Vaud, Bâle-Ville et du Valais sont les plus touchés.

Au total, 3512 personnes ont été hospitalisées en lien avec le coronavirus. Treize pour cent n'avaient aucune maladie préexistante et 87% en avaient au moins une.

Parmi les personnes hospitalisées, les trois symptômes les plus fréquemment mentionnés étaient la fièvre (66%), la toux (63%) et les problèmes respiratoires (40%). De plus, 45% avaient une pneumonie.

Sur les 1274 personnes décédées pour lesquelles les données sont complètes, 97% souffraient d’au moins une maladie préexistante. Les trois maladies préexistantes les plus fréquemment mentionnées chez des personnes décédées étaient l'hypertension (63%), les maladies cardiovasculaires (56%) et le diabète (26%).

Vendredi, le délégué pour le Covid-19 de l'OFSP Daniel Koch a indiqué que la tendance à la baisse esquissée depuis quelques jours se confirmait. Il a malgré tout encouragé la population à ne pas se relâcher. L'interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes reste en vigueur. La distance de précaution et l'hygiène des mains sont toujours de mise.

 

■ La barre des 200 000 morts

La barre symbolique des 200 000 morts du nouveau coronavirus devait être franchie samedi. L'ONU a sonné la mobilisation générale pour accélérer la production d'un vaccin accessible à tous, seul moyen de juguler la pandémie qui lamine l'économie mondiale.

Vaincre cette pandémie, qui contraint la moitié de l'humanité au confinement et expose la planète à une récession sans précédent, exige «l'effort de santé publique le plus massif de l'histoire», a martelé le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), de son côté, appelle à ne pas relâcher les efforts, car la menace d'une deuxième vague mortelle plane toujours. L'Allemagne, entre autres, s'y prépare déjà, avec la construction d'un hôpital de 1 000 lits à Berlin par l'armée.

Face à l'urgence sanitaire, lONU et l'OMS ont présenté vendredi une initiative «historique» pour la production de remèdes contre le coronavirus.

La course est déjà engagée entre laboratoires pour trouver le produit adéquat avec une demi-douzaine d'essais cliniques, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne. Mais l'enjeu est d'obtenir un vaccin et un traitement «abordables, sûrs, efficaces» et qui doivent être disponibles «pour tous, partout», a martelé Antonio Guterres, mettant en garde contre une solution qui exclurait les plus pauvres.

Cette initiative implique plusieurs pays d'Europe, le continent le plus endeuillé avec plus de 119 000 décès. Mais ni la Chine, d'où est partie la pandémie fin 2019, ni les Etats-Unis ne se sont associés à sa présentation.

■ La malaria, l'autre calamité 

Une calamité en cache une autre: en raison de problèmes de distribution de moustiquaires et de médicaments à cause du coronavirus, près de 400 000 personnes supplémentaires pourraient mourir du paludisme cette année, selon l'OMS.

Déjà au Zimbabwe, le nombre de cas de paludisme a bondi de près de 50% par rapport à l'an dernier. «Il est probable que des patients atteints du paludisme restent chez eux au lieu d'aller se faire soigner" à l'hôpital de crainte de contracter le coronavirus, estime Norman Matara, de l'Association zimbabwéenne des médecins pour les droits humains (ZADHR).

Le bilan des morts du paludisme en Afrique sub-saharienne pourrait approcher les 770 000 cette année, soit «deux fois plus qu'en 2018», a relevé l'OMS, alors qu'a lieu samedi la Journée internationale de lutte contre cette maladie, qui contrairement au Covid frappe particulièrement les enfants.

 

■ Le ramadan sans retrouvailles

Le ramadan a commencé vendredi, sans retrouvailles familiales, sans prières en commun. Presque tous les pays musulmans ont fermé les mosquées et demandé aux gens de prier chez eux, imposant parfois confinement et couvre-feu.

Le roi Salmane d'Arabie saoudite, dont le pays abrite les deux lieux les plus saints de l'islam, s'est dit «affligé» par la situation, mais a insisté sur la «protection de la vie et de la santé des peuples».

■ Ignazio Cassis prône la «clarté»

On l'avait peu entendu jusqu'ici. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis tire, dans la presse de samedi, les premières leçons de la crise, en soulignant notamment la nécessité d'une conduit claire du pays.«Les meilleurs plans de lutte contre la pandémie ne servent à rien, si vous ne dirigez pas avec un but précis et clair», note le ministre des affaires étrangères interrogé par le Blick

Le radical tessinois estime aussi que la Suisse doit revenir le plus rapidement possible à la normale. «Sinon le chef pourrait prendre plaisir à rester chef», prévient-il, énigmatique.

 

■ Un instantané: examen à Séoul

Port du masque, contrôle de la température, et surtout, distance sociale: ces candidats à des postes de planificateurs d'assurance passent leur examen en plein air, afin de mieux minimiser les risques de contagion. 

 

 

■ Un «passeport d'immunité»?

Certains pays sont en train de plancher sur une initiative inédite: la mise en place d'un système de «passeports d'immunité» ou de «certificat de non-risque», qui permettrait à ses porteurs de voyager librement ou de retourner au travail en garantissant qu'ils ont développé des anticorps contre la maladie et ne sont plus contagieux.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) met cependant en garde: au stade actuel, il est encore trop tôt pour affirmer qu'un individu spécifique serait définitivement immunisé et donc à l'abri d'une nouvelle infection. L'instauration de tels «passeports d'immunité» serait donc prématurée et de nature à accroître le risque de propagation de la pandémie, conclut l'OMS.

■ Commémoration à Rome

Moment solennel à Rome, immortalisé par le bureau de presse du palais présidentiel italien. Le président Sergio Mattarella, muni d'un masque, descend les escaliers du monument Altare della Patria - Vittorio Emanuele II, à Rome, après avoir déposé une couronne sur la tombe du soldat inconnu.

La cérémonie de vise à commémorer le 75e anniversaire du jour de la libération, qui marque la chute de l'occupation nazie en 1945. Mais les Italiens, confinés, n'ont pas été autorisés à assister à la commémoration.

 

■ Trop de policiers infectés au Pérou

Le ministre péruvien de l'Intérieur, Carlos Moran, a créé la surprise vendredi en démissionnant de son poste en pleine épidémie de Covid-19. La raison? Elle n'a pas été explicitée officiellement, mais les soupçons se portent sur le nombre très élevé de policiers qui ont été infectés par le virus dans ce pays: au moins 1300 d'entre eux (sur un total de 140 000) sont aujourd'hui hospitalisés..

 

■ Les plans des HUG 

Les Hôpitaux universitaires genevois (HUG) veulent conserver «dans la durée» 130 lits pour la prise en charge des cas de Covid-19. Pour ce faire, il faudra une centaine de soignants supplémentaires.

Le directeur médical des HUG, Arnaud Perrier, a donné ces détails samedi dans la Tribune de Genève. Il précise aussi que la capacité des soins intensifs sera de 48 places, contre les 30 à disposition avant le début de la pandémie. Si une seconde vague importante venait à être observée, le dispositif pourrait être augmenté.

Dès lundi, les consultations et les opérations non urgentes vont par ailleurs reprendre progressivement, comme le Conseil fédéral l'a autorisé. Le scénario consiste à atteindre trois quarts d'activités stationnaires et ambulatoires d'ici l'été, avant la totalité des prestations en septembre.

Il est notamment «impératif» de prévoir les interventions qui ont été décalées de plusieurs semaines, note Arnaud Perrier. Mais le plateau opératoire ne sera pas entièrement actif avant le 4 mai. Pour les patients, un dépistage Covid sera mené la veille de l'intervention.

De même, les consultations, habituellement à 5000 par jour en ambulatoire, ne seront possibles que pour les personnes qui les auront calées à l'avance. Pour tous, masques et mesures d'hygiène constitueront la règle.

Selon les chiffres annoncés par la direction générale de la santé, le recul du nombre de personnes hospitalisées dans le canton en raison du coronavirus se poursuit. Celles-ci étaient moins de 280 vendredi, dont 26 en soins intensifs.

Cette baisse va permettre au personnel soignant de prendre des vacances. «Nous allons tout faire pour que chacun puisse se reposer». Mais le responsable précise: «Il est clair que nous aurons rapidement besoin de moyens supplémentaires.»