La coulée de boue a été provoquée par les fortes pluies affectant la région andine, dont aussi le Pérou et l'Equateur.

«Le dernier bilan fait état de plus de 250 morts, 400 blessés, 200 disparus», a déclaré César Urueña, directeur du service de secours de la Croix-Rouge colombienne, à propos de cette catastrophe qui a ravagé la ville de Mocoa, tard vendredi soir.

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«Nos coeurs sont avec les familles des victimes et les personnes affectées par cette tragédie. Nous n'allons pas faillir dans notre attention à leur égard», a tweeté le président Juan Manuel Santos. Il s'est rendu sur place et a déclaré l'état de «calamité publique» pour «accélérer» les secours.

Images impressionnantes

Les images de cette ville de 40'000 habitants, privée d'électricité et d'eau courante, sont impressionnantes: rues envahies de boue, militaires récupérant des enfants dans les décombres, habitants en larmes, voitures détruites et déchets partout. Deux ponts ont aussi été emportés, selon l'armée.

Parlant d'une catastrophe de «grande dimension», M. Urueña a précisé que 300 familles étaient affectées, 17 quartiers gravement endommagés et 25 bâtiments d'habitation détruits.

La coulée de boue a été provoquée vers 23h30 vendredi (06h30 suisses samedi) par la crue de trois rivières en surplomb de Mocoa, ravageant le chef-lieu du département du Putumayo. Des pompes à eau et des groupes électrogènes ont été expédiés par avion.

«Il y a beaucoup de gens dans les rues, beaucoup de sinistrés, de nombreuses maisons détruites», a témoigné Hernando Rodriguez, un habitant âgé de 69 ans. Selon ce retraité, "les gens ne savent que faire", «on n'était pas préparé» à une telle catastrophe. «Nous avons du mal à nous rendre compte de ce qui nous est arrivé».

Situation dramatique

«La situation à Mocoa est dramatique. Nous appelons à la solidarité de toute la Colombie», a tweeté le vice-ministre de l'Intérieur, Guillermo Rivera.

Dans la soirée de vendredi, il est tombé 130 millilitres de pluie, 30% de la moyenne mensuelle à Mocoa, a précisé M. Santos. La tragédie s'est produite à la suite du débordement des rivières Mocoa, Mulato et Sangoyaco, situées en surplomb de la ville, et qui ont provoqué une «grande coulée» de boue, selon l'armée.

Les commerces ont été fermés après "des pillages de lieux vendant de l'eau" dans la nuit, a déclaré un pompier. Il a précisé que la plupart des quartiers affectés étaient habités par des déplacés du conflit armé qui déchire la Colombie depuis les années 60.

Diego Suarez, de l'Institut d'hydrologie, de météorologie et d'études environnementales de Colombie (Ideam), a déclaré à Caracol Radio que les précipitations sur Mocoa devraient aller «en décroissant progressivement» à partir de dimanche.

Solidarité internationale

Plus d'un millier de militaires et de policiers ont été détachés pour participer aux secours, selon un communiqué du ministre de la Défense, Luis Carlos Villegas, qui s'est rendu à Mocoa avec le président et d'autres membres du gouvernement.

Une équipe de crise a été mise en place avec les autorités locales et environ 150 autres personnes qui participent aux opérations de secours, a précisé le directeur de l'Unité nationale de gestion des risques de catastrophe (UNGRD), Carlos Ivan Marquez. Cet organisme public a indiqué dans un communiqué que plus de sept tonnes de matériels d'approvisionnement en eau, en électricité et d'attention médicale avaient été expédiées à Mocoa.

La France, l'Union européenne, l'Allemagne, l'Espagne, le Brésil, l'Equateur et le Venezuela, parmi d'autres, ont exprimé leur solidarité après la catastrophe. Le «changement climatique génère des dynamiques et nous en voyons les graves résultats en termes d'intensité, de fréquence et de magnitude (...) comme à Mocoa», a déclaré Martin Santiago, chef de la délégation de l'ONU en Colombie.