Depuis dimanche, à New Delhi, des émeutiers sèment le chaos et la terreur dans des zones périphériques à majorité musulmane du nord-est de la mégapole, éloignées d'une dizaine de kilomètres du centre. Ces violences intercommunautaires ont déjà coûté la vie à vingt personnes, selon un bilan actualisé.

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Le principal hôpital de la zone a enregistré sept décès supplémentaires mercredi et 150 personnes blessées, dont une dizaine se trouvaient dans un état critique. Les habitants de la capitale indienne redoutent une nouvelle journée meurtrière mercredi.

«Vive le dieu Ram»

Des heurts entre partisans et opposants d'une loi controversée sur la citoyenneté, jugée discriminatoire envers les musulmans par ses détracteurs, ont dégénéré en affrontements communautaires, entre hindous et musulmans. Armés de pierres, de sabres et parfois même de pistolets, des groupes hindous s'en sont pris à des lieux et à des personnes identifiés comme musulmans. Des vidéos montrent des bandes criant «Jai Shri Ram» («Vive le dieu Ram»).

Pour la soirée de mardi, au terme d'une journée particulièrement meurtrière, la police locale a fait état d'épisodes sporadiques de violence dans le district concerné. «Nous avons eu beaucoup d'appels paniqués mais nous n'avons pas reçu d'informations sur des violences à l'exception d'un quartier en particulier», a expliqué à l'AFP Alok Kumar, un responsable policier de l'est de Delhi.

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Craignant pour leur vie, de nombreux travailleurs migrants abandonnaient leur logement pour retourner à la sécurité de leur village d'origine, a constaté mardi soir un journaliste de l'AFP. «Il n'y a pas de travail (...) Il vaut mieux partir que de rester ici. Pourquoi voudrions-nous mourir ici?», a déclaré à l'AFP un tailleur en chemin pour son village dans l'Etat voisin d'Uttar Pradesh. «Les gens se tuent les uns les autres. Des balles sont tirées», a-t-il ajouté.

80% d'hindous dans la population

Cette flambée de violence a éclaté au moment de la visite d'Etat en Inde du président américain Donald Trump, qui s'est achevée mardi par des entretiens avec le Premier ministre indien Narendra Modi à New Delhi.

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Le dirigeant nationaliste hindou est confronté depuis décembre à un vaste mouvement de contestation contre une nouvelle législation qui facilite l'attribution de la citoyenneté indienne à des réfugiés, à condition qu'ils ne soient pas musulmans.

Ce texte a cristallisé les craintes de la minorité musulmane d'être reléguée au rang de citoyens de seconde classe, dans cette nation où les hindous représentent 80% de la population. Cette loi provoque en tout cas les plus importantes manifestations dans le pays d'Asie du Sud depuis l'arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014.