Le chef de l’ONU Ban Ki-moon a indiqué mercredi que l’ex-président américain Bill Clinton avait accepté de «jouer un rôle directeur» dans la coordination de l’aide internationale à Haïti, afin de favoriser la reconstruction du pays dévasté par un séisme.

Lors d’un bref point de presse, M. Ban a précisé qu’à sa demande M. Clinton, qui est son émissaire spécial en Haïti depuis mai 2009, «donnerait des directives stratégiques à l’action des Nations unies, pour la phase de réponse d’urgence et celle de la reconstruction à long terme». Pour y parvenir, l’ex-président américain «mettra l’accent sur la mobilisation du soutien international et de son financement par les bailleurs de fonds», a ajouté M. Ban. Les deux hommes sont convenus des termes de cette mission lors d’une rencontre dans la matinée au siège de l’ONU à New York.

Le secrétaire général a précisé que M. Clinton travaillerait étroitement avec l’administratrice du Programme de l’ONU pour le développement (PNUD) Helen Clark, et avec Edmond Mulet, le chef par intérim de la Mission de l’ONU en Haïti (Minustah) et les autres agences de l’ONU.

M. Clinton est censé mobiliser et coordonner l’aide provenant du secteur privé, des gouvernements et des organisations non gouvernementales (ONG) dans les domaines de la reconstruction et de la fourniture d’abris, avant la saison des ouragans.

«Nous sommes convenus que l’une des plus urgentes nécessités actuellement (en Haïti) est la fourniture d’abris», alors que «la saison des tempêtes commence dans quelques mois», a dit M. Ban, soulignant que «de simples tentes ne suffiront pas».

Un énorme effort international d’assistance est en cours à Haïti après le tremblement de terre de magnitude 7 du 12 janvier qui a fait plus de 200’000 morts, 300’000 blessés et un million de sans-abri selon un bilan du gouvernement haïtien, et causé des destructions considérables dans le pays.

L’engagement de Bill Clinton

«Le but est de ramener les Haïtiens à un stade où ils ne seront plus préoccupés par leur survie au jour le jour et pourront commencer à vivre à l’horizon de la semaine, puis du mois et enfin entamer un effort sur le long terme», a déclaré M. Clinton. «Les dirigeants là-bas veulent construire un Etat qui fonctionne, moderne, pour la première fois et je ferai mon possible pour travailler avec toutes les agences de l’ONU et les aider à y parvenir», a-t-il ajouté.

M. Ban a souligné la nécessité d’étendre le projet «argent contre travail» du Pnud, qui a remis 30’000 Haïtiens au travail pour reconstruire le pays. Il a précisé que les donateurs avaient promis jusqu’ici de verser 23 millions de dollars à ce projet, dans lequel les Haïtiens perçoivent cinq dollars par jour.

Il a indiqué également avoir demandé à M. Clinton de lancer le 17 février un appel de fonds d’urgence révisé pour financer l’effort humanitaire pour le reste de l’année.

L’appel, dont le montant n’est pas connu, compléterait celui de 575 millions de dollars d’aide d’urgence lancé le mois dernier par le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) pour une période de six mois.

M. Clinton aidera aussi à préparer une conférence internationale de donateurs pour la reconstruction d’Haïti prévue en mars au siège new-yorkais de l’ONU.

La semaine dernière, l’ex-président avait appelé les chefs de grandes compagnies multinationales au Forum économique mondial de Davos à voir en la catastrophe d’Haïti l’occasion de sortir ce pays de décennies de pauvreté.