«Des dizaines» de personnes ont été tuées samedi, selon l'ONU, dans la répression de nouvelles manifestations pro-démocratie en Birmanie. L'armée s'est livrée à une démonstration de force, faisant défiler un impressionnant arsenal dans la capitale Naypyidaw.

«Nous recevons des rapports faisant état de dizaines de morts, dont des enfants, de centaines de blessés, dans 40 localités, et d'arrestations massives. Cette violence aggrave l'illégitimité du coup d'Etat et la culpabilité de ses dirigeants», a indiqué le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme dans un tweet.

La brutalité de la répression a entraîné sur la scène internationale une série de condamnations et de sanctions touchant les avoirs de nombreux militaires puissants, dont leur chef, mais la pression diplomatique a eu jusqu'ici peu d'impact.

Les Etats-Unis, l'Union européenne et la Grande-Bretagne ont condamné les «meurtres» commis par l'armée dans le pays, qui traverse une grave crise depuis le coup d'Etat militaire le 1er février. Pour Londres, «un nouveau palier" a été franchi dans la répression.

«Les forces armées tuent des civils non armés, y compris des enfants, les personnes qu'elle a justement juré de protéger», a condamné l'ambassade des Etats-Unis à Rangoun dans un communiqué publié sur sa page Facebook. «Cette 76e journée des forces armées restera gravée comme un jour de terreur et de déshonneur. Les meurtres de civils non armés, dont des enfants, sont des actes indéfendables», a réagi l'ambassade de l'UE à Rangoun sur Twitter et Facebook. L'ambassadeur de Grande-Bretagne a estimé dans un communiqué que «les meurtres extrajudiciaires en disent long sur les priorités de la junte militaire».

Les militants pro-démocratie avaient appelé à une nouvelle série de manifestations samedi, jour où l'armée organise tous les ans un gigantesque défilé militaire devant le chef de l'armée, désormais chef de la junte au pouvoir, le général Min Aung Hlaing.

Pour la traditionnelle Journée des forces armées qui commémore la résistance contre l'occupation japonaise pendant la Seconde Guerre Mondiale, des milliers de soldats, des chars, des missiles et des hélicoptères se sont succédé sur une immense esplanade de Naypyidaw, devant un parterre de généraux des délégations russe et chinoise.

Le général Min Aung Hlaing a de nouveau défendu le coup d'Etat, accusant d'irrégularité les élections de novembre, remportées par le parti d'Aung San Suu Kyi, et a promis un «transfert de responsabilité de l'État» après des élections. «Les actes de «terrorisme qui peuvent nuire à la tranquillité et à la sécurité de l'Etat» sont inacceptables», a-t-il déclaré dans un discours.

Selon un groupe de défense de prisonniers politiques, 330 personnes ont trouvé la mort dans les troubles depuis le putsch.