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Htin Kyaw, à gauche, et Aung San Suu Kyi, à droite.
© Aung Shine Oo

Asie du Sud-Est

En Birmanie, un ami de Mme Suu Kyi élu président

Ne pouvant se présenter, la chef de la majorité parlementaire a fait élire Htin Kyaw à sa place

Le nouveau président de la Birmanie ne sera donc pas une présidente. Puisqu’un article de la Constitution l’en empêche et que les négociations avec l’armée sur son abrogation n’ont débouché sur aucun compromis, Aung San Suu Kyi avait désigné la semaine dernière, pour la remplacer à la candidature présidentielle, l’un de ses proches, un presque inconnu nommé Htin Kyaw.

Ce dernier a été élu, mardi à Naypyidaw, la capitale de la Birmanie, à l’issue d’un vote des deux Chambres du parlement – et du quarteron de militaires qui y siège – dans le cadre d’un processus électif indirect. «Victoire! C’est la victoire de sœur Aung San Suu Kyi. Merci», s’est exclamé Htin Kyaw.

La Ligue nationale pour la démocratie (NLD) avait remporté un éclatant succès aux élections de novembre 2015, et obtenu 390 des 657 sièges que comptent l’Assemblée et le Sénat. L’absolue majorité dont elle dispose lui a permis d’élire le candidat de son choix.

Htin Kyaw, 69 ans, fut présenté un peu vite par les médias comme l'«ancien chauffeur» d’Aung San Suu Kyi. Une exagération à mettre sur le compte d’un déficit de communication de la part de la NLD, qui aura gardé jusqu’au bout le silence le plus complet à propos de la désignation de ses candidats à la présidence.

Htin Kyaw n’a en fait été que le chauffeur occasionnel d’Aung San Suu Kyi, dont il est un ami d’enfance. Il fut l’un des rares autorisés à lui rendre visite durant les derniers temps de ses années en résidence surveillée. Diplômé en économie de l’université de Rangoon, il a également étudié l’informatique à Londres. Ancien fonctionnaire du Ministère des affaires étrangères, il est aussi le fils d’un célèbre poète et le gendre de l’un des fondateurs de la Ligue nationale pour la démocratie.

Jusqu’à ce qu’Aung San Suu Kyi le désigne, peu de gens le connaissaient. Beaucoup à Rangoun louent son absolue intégrité. Et sa simplicité: Anne-Cécile et Natacha, les deux patronnes du restaurant français d’un hôtel de Rangoon, l’Alamanda, où il accompagnait Aung San Suu Kyi qui venait parfois y déjeuner, se souviennent d’un homme «sympathique, ouvert et familier», qui leur promettait de repasser bientôt.

Deux vice-présidents désignés

Les deux autres candidats présentés début mars par les députés et sénateurs face à Htin Kyaw ont été désignés automatiquement vice-présidents. L’un d’eux, Henry Van Thio, est aussi un parlementaire de la NLD, de religion chrétienne et d’ethnie chin, une population minoritaire qui vit dans l’ouest du pays, sur la frontière indienne. Lui aussi, pourtant élu sénateur en novembre 2015, était un inconnu, non seulement du public mais de ses pairs: quand on a su que la NLD l’avait choisi comme candidat, même ses collègues ne savaient pas dire qui il était au juste, rapportait récemment le quotidien anglophone Myanmar Times. Henry Van Thio a étudié aux Philippines et a été officier dans l’armée avant de diriger une usine de tabac à Mandalay.

Le deuxième vice-président est une personnalité controversée, dont l’élection suscite déjà la polémique: Myint Swe, lieutenant général retraité, était le ministre en chef de la région de Rangoon. En tant que commandant régional de l’armée, il avait dirigé la brutale répression des manifestants durant la «révolte des moines», en 2007. Il est considéré comme très proche de l’ancien dictateur Than Shwe, l’homme qui voulait tuer Aung San Suu Kyi.

Sa désignation à ce poste par les parlementaires issus de l’armée démontre que celle-ci entend tenir la dragée haute à la «Lady», selon certains observateurs. Dans les milieux de la défense des droits de l’homme, à Rangoon, son élection est considérée comme un véritable geste de provocation.

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