La foule est venue pour lui. «Je veux me faire ma propre opinion sur Björn Höcke», reconnaît une retraitée venue participer, ce mardi après-midi, à un meeting électoral du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans la commune de Sömmerda. A son arrivée, entouré de quatre gardes du corps, le chef local de cette formation proche de l’extrême droite suscite l’ovation des quelque 200 personnes présentes. «Höcke, Höcke», scande une partie de la foule lorsque cet homme de 47 ans, en jean et blaser bleu marine, monte sur scène. «Vous êtes notre espoir», lui lancera plus tard une admiratrice, les larmes aux yeux. «C’est un homme extraordinaire et qui aime l’Allemagne», lance-t-elle après une séance de selfie avec son leader.

Elu au parlement local de Thuringe depuis 2015, Björn Höcke ne laisse personne indifférent, à trois jours d’importantes élections dans ce Land d’ex-Allemagne de l’Est. Son parti y est crédité de 20 à 24% des intentions de vote et pourrait doubler ses scores par rapport à 2015. Malgré ce contexte favorable, l’homme divise et serait même devenu un poids pour son parti. Ex-professeur de sport et d’histoire, originaire de l’ouest de l’Allemagne, ce père de quatre enfants, au regard bleu acier, a fondé en 2015 le courant «Der Flügel» (L’aile en français), le plus radical du parti. Selon certaines estimations, «L’aile» regrouperait jusqu’à 30% des membres de l’AfD, avec une forte présence dans les Länder de l’Est, là où le parti réalise ses plus hauts scores.