Ukraine

Le Boeing 777 a bien été touché par des projectiles

Le MH77 a été touché par «un grand nombre de projectiles à haute vitesse». Le Bureau néerlandais de la sécurité a publié mardi un rapport préliminaire; il ne dit rien de la nature de ces projectiles, ni de leur origine

Le MH17 a bien été touché par des projectiles

Ukraine Un premier rapport d’enquête sur le crash du Boeing malaisien a été publié

Il ne dit riende l’origine des tirs qui l’ont fait exploser

Le Boeing 777 de Malaysia Airlines qui survolait l’est de l’Ukraine le 17 juillet dernier a été atteint par «un grand nombre de projectiles à haute énergie», conclut le premier document d’enquête consacré à l’accident. «Le fait qu’un grand nombre de débris aient été retrouvés éparpillés sur une grande surface (10 kilomètres sur 5) indique qu’il s’est disloqué en plein vol», ajoute ce rapport préliminaire dévoilé mardi par le Bureau néerlandais de la sécurité (OVV).

Huit semaines après la catastrophe, le document est loin de lever toutes les zones d’ombre sur l’explosion du MH17; 283 passagers, dont 193 Néerlandais, et 15 membres d’équipage malaisiens, avaient perdu la vie. Il ne précise pas la nature de ces projectiles, et il ne dit rien de leur origine. Faute d’avoir pu se rendre sur le terrain, pour des raisons de sécurité, les enquêteurs néerlandais, mandatés par l’Ukraine, ont mené leur investigation entre Kiev et les Pays-Bas, sur la base des matériaux à disposition, photos, vidéos, boîtes noires ou relevés des autorités aériennes ukrainiennes et russes.

De ces conclusions préliminaires découle «une forte suspicion d’un tir de missile sol-air ayant abattu le MH17», a estimé Najib Razak, le premier ministre de la Malaisie, sitôt publié le rapport. «Mais il faudra approfondir l’investigation avant de pouvoir l’affirmer», a-t-il ajouté. «Nous devons faire attention aux conclusions hâtives, a, de son côté, souligné Mark Rutte, le premier ministre néerlandais. Pas à pas, les experts travaillent à rendre les conclusions irréfutables.» L’OVV estime ainsi qu’une dizaine de mois seront nécessaires aux analyses complémentaires et que le rapport d’enquête final ne devrait pas être rendu avant l’été 2015. A ce stade, aucun examen scientifique des restes de l’avion n’a pu être réalisé.

Qui, des trois protagonistes de la crise sévissant à l’est de l’Ukraine, les partisans de Kiev, les séparatistes pro-russes ou les Russes, eux-mêmes, a tiré l’engin qui a touché la partie avant de l’appareil, mettant un terme à son vol de «manière abrupte»? Et ce tir était-il intentionnel ou le fruit d’une erreur? Au lendemain du crash, Kiev et les Occidentaux avaient immédiatement pointé du doigt les rebelles. L’Ukraine avait dit avoir repéré, quelques jours plus tôt, l’arrivée sur son territoire d’un dispositif de tir de missiles venu de Russie. Selon elle, c’est un missile Buk qui a été tiré, un système antiaérien russe de 700 kg qui fonctionne en explosant à proximité de la cible. Il l’atteint par un nombre massif d’éclats se déplaçant à une très grande vitesse.

Hier, les séparatistes pro-russes continuaient de se défendre de l’accusation: «Je ne peux dire qu’une chose: nous n’avons tout simplement pas d’équipements techniques capables d’abattre un Boeing», a réaffirmé Alexandre Zakhartchenko, le «premier ministre» de la république populaire unilatéralement proclamée de Donetsk.

De son côté, la Russie évoque un stratagème de Kiev destiné à accabler les rebelles, et affirme qu’un missile a été tiré par un avion militaire ukrainien. Or, d’après les spécialistes, un missile air-air tiré par un avion de combat atteint directement sa cible sans provoquer de multiples impacts à l’image de ceux que l’OVV décrit dans son rapport.

Si les causes du crash restent à déterminer, le rapport préliminaire néerlandais établit avec certitude ce qui ne l’a pas causé: l’équipage est hors de cause, il était qualifié et en bonne santé. Le Boeing 777 lui-même était en parfait état de fonctionner à son départ de l’aéroport de Schipol à 10h31 ce 17 juillet au matin. Il n’a souffert d’aucune défaillance technique durant le vol, et aucun message d’alerte n’a jamais été lancé depuis le cockpit. A 13h19 et 56 secondes, l’équipage du MH17 était encore en contact avec le contrôle aérien de Dniepropetrovsk, en Ukraine. «Romeo november delta, Malaysian one seven» furent ses derniers mots, avant que l’avion ne disparaisse des écrans radar.

De ces conclusions découle «une forte suspicion d’un tir de missile sol-air ayant abattu le MH17»

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