Bolivie

En Bolivie, Jeanine Añez nomme son gouvernement

Alors que les Etats-Unis ont reconnu mercredi Jeanine Añez comme présidente par intérim de la Bolivie, Evo Morales s'est déjà dit prêt à rentrer pour «apaiser» la situation

Dans une Bolivie encore secouée par des manifestations, la présidente par intérim Jeanine Añez tentait mercredi de combler le vide politique laissé par le départ d'Evo Morales. Elle a commencé à nommer son gouvernement en désignant onze ministres. L'universitaire et ex-diplomate Karen Longari a ainsi obtenu le portefeuille des Affaires étrangères, et le sénateur de droite Arturo Murillo celui de l'Intérieur.

Outre la formation du gouvernement, l'autre priorité de la cheffe de l'Etat par intérim est de nommer une nouvelle autorité électorale en vue de convoquer de nouvelles élections. En prenant ses fonctions, Jeanine Añez avait fixé comme limite la date du 22 janvier. Avant la crise, c'est à cette date que le prochain chef de l'Etat devait être intronisé.

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Autre piste à l'étude pour la nouvelle équipe à la tête du pays: la fermeture du Parlement pour contourner le parti d'Evo Morales, le Mouvement vers le socialisme (MAS), majoritaire, afin de gouverner par décrets présidentiels, selon une source proche du dossier. Une option diversement appréciée par les analystes, certains, comme l'avocat Carlos Borth, y voyant une décision «absolument inconstitutionnelle».

Un homme tué lors de heurts

Au premier jour de fonction de Jeanine Añez, des affrontements ont éclaté entre des manifestants partisans de l'ancien chef de l'Etat et les forces de l'ordre. Dans le village de Yapacani, à l'est du pays, non loin de Santa Cruz, un homme de 20 ans a été tué d'une balle dans la tête lors de heurts entre manifestants pro-Morales et la police, selon un médecin interrogé par la radio locale Fides.

Depuis le début de la crise post-électorale fin octobre, dix personnes ont trouvé la mort, dont huit ont été tuées par balle, selon le dernier rapport du parquet général rendu public mercredi.

De violents affrontements ont eu lieu également à La Paz, a constaté l'Agence France-Presse (AFP). Plusieurs centaines de personnes ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène non loin du siège du gouvernement, où la dirigeante était en train de nommer un nouveau commandement militaire lors d'une cérémonie officielle.

Quelque 3000 manifestants étaient arrivés en milieu d'après-midi dans le centre-ville en provenance de la ville voisine d'El Alto, favorable à Evo Morales.

En début de journée, les habitants avaient tenté de reprendre une vie normale, les bus étant de retour dans les rues et la quasi totalité des dix lignes de téléphérique sillonnant à nouveau la ville, après deux jours d'arrêt complet. Les banques et les commerces ont également rouvert, alors que pillages et saccages ont eu lieu depuis dimanche soir après la démission de l'ex-président.

Washington reconnaît Jeanine Añez comme présidente de la Bolivie

Depuis Mexico, où il est arrivé mardi pour y bénéficier de l'asile politique, Evo Morales s'est dit prêt à rentrer en Bolivie. «Si mon peuple le demande, nous sommes disposés à retourner (en Bolivie) pour apaiser la situation», a déclaré Evo Morales lors d'une conférence de presse à Mexico. «Nous reviendrons tôt ou tard», a-t-il assuré, appelant à un «dialogue national» afin de résoudre la crise qui agite son pays.

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Les Etats-Unis ont reconnu mercredi Jeanine Añez comme présidente de la Bolivie. «Les Etats-Unis saluent la décision de la sénatrice bolivienne Jeanine Añez de prendre la présidence par intérim afin de mener sa nation durant cette transition démocratique», a déclaré le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo dans un communiqué.

Evo Morales avait condamné cette annonce avant même qu'elle ne soit formalisée. «Nous condamnons la décision de Trump de reconnaître le gouvernement de facto et auto-proclamé de la droite», a-t-il tweeté plusieurs heures avant le communiqué de Mike Pompeo, estimant que «le coup d'Etat qui a causé la mort de mes frères boliviens est un complot politique et économique qui vient des États-Unis».

 

Le gouvernement vénézuélien de Nicolas Maduro, fidèle allié d'Evo Morales, a rejeté mercredi la «parodie» de proclamation de Jeanine Añez.

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