Les hélicoptères de l’armée ont mitraillé, ce jeudi, le quartier de Hajar al-Aswad, dans le sud de Damas, faisant des blessés, tandis qu’un avion militaire a largué des bombes sur Harasta, à 10 kilomètres au nord-est de la capitale, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Dans la province d’Idleb, au nord-ouest du pays, «des chasseurs-bombardiers ont mené trois raids aériens sur les villages de Tell Manass et de Maar Chamarine», rapporte l’ONG.

Dans la nuit, l’armée a bombardé plusieurs localités de la région d’Alep, tuant une fillette à al-Safira. Un civil et trois soldats ont trouvé la mort dans la province d’Idleb, où l’OSDH fait également état de combats entre soldats et insurgés et de barils d’explosifs largués par des avions du régime.

Dans la région de Deraa (sud), les bombardements de l’artillerie du régime, entamés dans la nuit, se poursuivaient ce jeudi matin, faisant un mort. Dans l’est, à Deir Ezzor, un citoyen-journaliste a été tué alors qu’il couvrait des combats aux côtés des rebelles, selon l’OSDH.

Plusieurs centaines de morts

Mercredi, 152 personnes ont péri à travers le pays, dont 58 civils, 48 rebelles et 46 soldats, selon un bilan de l’OSDH, basée en Grande-Bretagne, qui s’appuie sur un réseau de militants et de sources médicales dans les hôpitaux civils et militaires à travers le pays. Il affirme que ses bilans recensent les victimes civiles, militaires et rebelles.

Ce jeudi, au moins 28 soldats de l’armée syrienne ont été tués dans des attaques d’insurgés sur trois barrages militaires, près de la ville rebelle de Saraqeb, dans le nord-ouest de la Syrie, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Cinq rebelles ont également péri dans les assauts, menés contre des barrages positionnés sur l’autoroute stratégique qui relie Damas à Alep. Les rebelles cherchent à prendre le contrôle de ce passage obligé des renforts militaires vers la métropole du nord, en proie aux combats depuis plus de trois mois.

Outre les lourdes pertes infligées aux troupes régulières, affaiblies par la multiplication des fronts à travers le pays, les insurgés ont saisi des véhicules blindés, a indiqué l’ONG, qui s’appuie sur un réseau de militants et de médecins à travers la Syrie.

Au total, plus de 36 000 personnes ont péri dans le conflit déclenché mi-mars 2011 par la répression brutale par le régime d’un mouvement de contestation populaire le 15 mars 2011, selon l’OSDH.

Opposition syrienne élargie

«Il y a des informations inquiétantes sur des extrémistes qui se rendent en Syrie et tentent de détourner à leurs fins ce qui était jusqu’ici une révolution légitime contre un régime oppressif», a estimé la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton. Le Front al-Nosra, un groupe islamiste inconnu avant la révolte en Syrie, a ainsi revendiqué de nombreux attentats à travers le pays et ses combattants sont présents, souvent en première ligne, sur la plupart des fronts syriens.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition syrienne, largement dominé par les Frères musulmans, «ne peut plus être considéré comme le dirigeant visible de l’opposition», a déclaré Hillary Clinton. Il peut être «une partie d’une opposition élargie, mais l’opposition doit inclure des gens à l’intérieur de la Syrie et d’autres» pour être «capable de parler à chaque segment et à chaque composante géographique de Syrie», a-t-elle poursuivi.

Alors que la communauté internationale exhorte depuis des mois l’opposition à s’unifier, plus de 150 opposants, dont de nombreux membres du CNS et des chefs de l’Armée syrienne libre, ont préconisé lors d’une réunion en Turquie la formation rapide d’un gouvernement en exil.