Il est 4h11, Ala se réveille en sursaut. Elle se redresse à moitié dans son sac de couchage, regarde partout dans le noir, échevelée. Une deuxième explosion la plonge alors dans l’hébétude. Elle a fui les bombardements de Boutcha vendredi dernier pour se réfugier à Kiev où elle pensait être en sécurité. Elle se met alors à surfer sur les réseaux sociaux pour obtenir une confirmation de ce qu’elle sait déjà. Alors qu’elle découvre une vidéo d’un immeuble en feu, ses cris et ses larmes redoublent. La guerre l’a rattrapée: le centre de Kiev est à portée de tirs d’artillerie. Une heure plus tard, les explosions suivantes la plongent au bord de la crise de nerfs. Dans la cage d’escalier, quelques habitants des étages supérieurs descendent en toute hâte vers le rez-de-chaussée. Mais l’immeuble n’a pas d’abri, seulement une cave insalubre. Et, en raison du couvre-feu nocturne, il est trop tard ou trop tôt pour se rendre dans l’abri du quartier.