Les choses commencent bien pour le premier ministre élu Ariel Sharon. D'abord, la nouvelle administration américaine lui a fait savoir qu'elle ne se considérait pas liée par le «plan Clinton». Ensuite, c'est Ehud Barak qui affirmait que les négociations entamées en bout de course à Taba pouvaient être oubliées. Ariel Sharon peut voir s'approcher la troisième bonne nouvelle: la formation d'un gouvernement d'union nationale.

C'est peut-être une question de jours tant les négociations vont bon train. Pour cela, Ehud Barak a effectué une nouvelle pirouette: le soir de sa déroute électorale, il était démissionnaire de tout poste politique. Aujourd'hui, il est en bonne place pour devenir ministre de la Défense dans le gouvernement de son ancien rival. On parle avec beaucoup d'insistance de Shimon Peres pour s'emparer des Affaires étrangères dans ce cabinet qui compterait 30 sièges, dont huit occupés par les travaillistes.

Les tractations sont dures. Selon la presse israélienne, il n'y aurait dans le programme gouvernemental négocié aucune référence à la souveraineté israélienne sur le Mont du Temple de Jérusalem, pas plus qu'au caractère «indivisible» de la Cité sainte. Dans les actions positives, le gouvernement s'engagerait à une très prudente «promotion de la paix», qui impliquerait des «concessions douloureuses de part et d'autre». D'ores et déjà, les ministres Shlomo Ben-Ami et Yossi Beilin, deux des principaux négociateurs avec les Palestiniens, ont jugé inacceptables ces résultats.