L’essentiel

La journée de lundi a été marquée par des débats autour des masques. La Bavière impose les FFP2 dans les transports publics et les commerces, l’Autriche le fera dès lundi prochain.

La Suisse compte mardi 2260 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures. 75 décès supplémentaires sont à déplorer et 129 malades ont été hospitalisés.

Retrouvez  notre suivi de la journée de lundi


■ Le monde est «mal parti» face à la pandémie selon les enquêteurs

Le monde est mal parti en raison de l’inégalité face au vaccin entre pays riches et pauvres, selon la coprésidente de l’enquête indépendante sur la réponse à la pandémie, Ellen Johson Sirleaf. A ses yeux, l’OMS n’est pas assez armée.

Lire aussi: L’Afrique, grande oubliée des vaccins

«L’inégalité de l’accès au vaccin constitue l’un des exemples les plus criants des inégalités actuelles dans le monde», a dit mardi devant la presse l’ancienne présidente du Liberia. «Le monde est mal parti à la fois pour la justice et pour le contrôle des pandémies», a déclaré le prix Nobel de la paix, avant de présenter aux Etats membres de l’OMS le rapport intermédiaire sur la réponse à la pandémie. Devant ces pays, elle s’est ensuite dite «déçue».

Lundi, à l’ouverture du Conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le directeur général de l’institution Tedros Adhanom Ghebreyesus avait estimé qu’il était même «au bord d’une catastrophe morale».

Il a demandé que la vaccination démarre dans chaque pays d’ici au 7 avril, grâce à l’accélérateur Covax lancé notamment par son organisation. Seul un pays pauvre a entamé l’immunisation et certaines indications montrent que certains Etats africains ne pourraient avoir accès aux doses avant l’année prochaine.


■ Les syndicats d’enseignants réclament des masques FFP2

Les syndicats enseignants réclament des masques FFP2 pour mieux protéger les enseignants contre la propagation des nouvelles variantes de coronavirus. Ils souhaitent que les intervenants scolaires se voient accorder une priorité élevée pour la vaccination.

«La santé et la protection des élèves, des enseignant∙es et des autres membres du personnel éducatif doivent être la priorité absolue dans toutes les décisions concernant les écoles et les modalités du maintien de leur ouverture ou de leur fermeture», ont-ils affirmé.

Les syndicats jugent que des mesures sont nécessaires pour prévenir la transmission de la maladie:

  • L’employeur doit fournir aux enseignant∙es des masques FFP2.
  • La qualité de l’air dans les salles de classe doit être garantie et des mesures durables doivent être prises par l’employeur.
  • Les protocoles d’hygiène doivent strictement être appliqués par les différent∙es responsables locaux des écoles et des équipes de conciergerie. Des mesures sont nécessaires pour briser la chaîne d’infection
  • En tant que groupe professionnel particulièrement exposé et indispensable à l’encadrement des élèves, les enseignant∙es et tous les intervenant·es scolaires doivent se voir accorder une priorité

Pour la réduction des contacts, tous suggèrent le retour à la continuité pédagogique à distance si la situation se détériore encore tout en veillant à ce que tous les élèves aient la possibilité de bénéficier d’une situation d’apprentissage appropriée ainsi que d’un équipement adapté.


■ Le Tessin rapproche la vaccination des personnes âgées

Depuis mardi, les plus de 80 ans peuvent s’annoncer auprès de leur commune pour en bénéficier. Communes et médecins organisent pour eux le transport à un centre de vaccination proche.

Quelque 5000 personnes se sont déjà annoncées pour cette «vaccination de proximité», a indiqué le pharmacien cantonal Giovan Maria Zanini mardi devant les médias. Environ 7500 personnes de plus de 85 ans se sont en outre inscrites pour recevoir leur injection dans le centre de vaccination de Rivera. Les derniers la reçoivent ces jours.

En comptant les 5000 personnes qui se sont annoncées depuis mardi dans leur commune, environ la moitié des seniors du canton seront vaccinés en quelques jours. Au total, quelque 24 000 personnes âgées vivent au Tessin.


■ En Angleterre, une personne sur huit a eu le coronavirus

Une personne sur huit en Angleterre avait été contaminée par le nouveau coronavirus en décembre. Cela marque une nette augmentation par rapport au mois précédent (1 sur 11) sur fond de propagation d’un nouveau variant très contagieux, selon une étude officielle rendue publique mardi.

Une personne sur 10 au Pays de Galles, une sur 13 en Irlande du Nord et une sur 11 en Écosse avaient contracté le Covid-19 à la même époque, selon le Bureau des statistiques nationales, l’ONS. Ce dernier se fonde sur des tests aux anticorps réalisés de manière aléatoire dans la population et permettant donc d’également identifier les personnes asymptomatiques, et pas seulement celles testées positives.

Une troisième vague du virus, la plus meurtrière, déferle actuellement sur le Royaume-Uni. Ce pays déplore la mort de près de 90 000 personnes testées positives au Covid-19, le pire bilan en Europe.


■ Emirates et Etihad testent un passeport numérique «Covid-19»

Basées respectivement à Dubaï et Abou Dhabi, Emirates et Etihad se sont jointes à l’Association internationale du transport aérien (Iata) pour figurer «parmi les premières compagnies aériennes au monde à tester le pass de voyage Iata (IATA Travel Pass)», ont précisé les deux compagnies dans des communiqués.

Le «IATA Travel Pass» permet aux passagers de ces compagnies de créer un «passeport numérique» pour «vérifier que leur test avant le voyage ou leur vaccination réponde aux exigences de leur destination», a expliqué l’organisme privé qui représente l’industrie du transport aérien.

Emirates, la plus importante compagnie aérienne du Moyen-Orient, a précisé qu’elle mettrait en oeuvre la première phase du test en avril, à Dubaï, une cité-Etat qui a largement rouvert ses frontières aux touristes internationaux.


■ La Serbie a commencé à administrer le vaccin chinois Sinopharm

La Serbie est devenue mardi le premier pays d’Europe à administrer le vaccin chinois Sinopharm contre le nouveau coronavirus et a lancé une campagne de vaccination massive. Selon les autorités, quelque 300 postes de vaccination ont été mis en place dans les principales villes de Serbie afin d’injecter les trois vaccins dont elle dispose désormais, avec le russe Spoutnik V et l’américano-allemand Pfizer-BioNTech.

Un million de doses de Sinopharm sont arrivées samedi en Serbie, qui avait entamé les vaccinations avant Noël, avec 5000 premières doses du Pfizer-BioNTech. Le laboratoire Sinopharm a annoncé une efficacité de 79% pour son vaccin anti-Covid.

Le pays de sept millions d’habitants déplore plus de 3770 morts et plus de 374 000 contaminations par le coronavirus.


■ Le point presse de l’OFSP

Les cantons ont procédé à quelque 110 000 vaccinations, selon les estimations de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). La Suisse est aussi concernée par les retards de livraison du vaccin Pfizer/BioNTech mais les volumes achetés arriveront, a indiqué mardi Nora Kronig. La commande arrivée lundi était réduite de moitié. Mais «nous avons reçu des garanties pour être sûrs que les volumes achetés et commandés arriveront», a ajouté la responsable de la division internationale de l’OFSP.

Concernant le nombre de vaccinations déjà effectuées, l’OFSP n’a pas encore de chiffres précis et définitifs. «Nous avons des retours de tous les cantons et la coordination se poursuit avec eux pour les obtenir», a relevé Nora Kronig. Les chiffres détaillés seront publiés dès que possible.

Les cantons ont différentes manières de procéder pour les vaccinations, a affirmé Rudolf Hauri, président de l’association des médecins cantonaux. Ils ont toute latitude pour prévoir des réserves de vaccins et gérer une planification sur plusieurs semaines ou mois. Certains choisissent la rapidité pour obtenir une protection partielle et d’autres la durabilité pour tenir compte de la disponibilité des vaccins et planifier. La situation va s’harmoniser avec le temps, a estimé le médecin cantonal zougois. La campagne en cours dans le pays n’a pour le moment pas mis en évidence d’effets secondaires indésirables graves, a précisé pour sa part Virginie Masserey, cheffe de la section contrôle de l’infection et programme de vaccination à l’OFSP.

La baisse des nouveaux cas de contamination s’observe dans tout le pays, sauf dans la région lémanique, où on tend à avoir une stagnation. Dans quatre cantons, le taux de reproduction est encore égal ou supérieur à 1, dont celui de Genève en Suisse romande. Le taux d’incidence dans les cantons varie passablement, de 290 à Bâle-Campagne jusqu’à 633 à Glaris. Virginie Masserey juge encourageante, mais pas pour autant rassurante, cette baisse du nombre de cas.

La propagation des nouveaux variants du coronavirus en Suisse préoccupe l’office fédéral, qui annonce que 388 cas au total ont été répertoriés lundi, dont 243 de la souche britannique. Le taux de positivité des séquençages évolue très rapidement: il se situait à 4% pour la situation d’il y a une dizaine de jours. Aujourd’hui, on peut supposer qu’il atteint 10%, a précisé l’infectiologue Viriginie Masserey. Cela confirme le caractère très contagieux de ces mutations.

Des flambées assez importantes ont été identifiées en Suisse, a-t-elle poursuivi. D’où l’importance de les diagnostiquer autant que possible. Environ un tiers des échantillons positifs peuvent être séquencés. Les laboratoires ont reçu la recommandation d’utiliser une méthode PCR spécifique pour tracer ces mutations. La responsable a indiqué que les tests rapides ne permettaient pas de faire un séquençage pour détecter le type de variant du virus.

L’OFSP recommande toujours de conserver une distance de 1,5 mètre avec les personnes qui ne sont pas du même ménage, de porter un masque dans le cas où cette distance ne peut être maintenue et de respecter les règles d’hygiène.


■ 2260 nouveaux cas en 24 heures

La Suisse compte mardi 2260 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). 75 décès supplémentaires sont à déplorer et 129 malades ont été hospitalisés.

Durant les dernières 24 heures, les résultats de 21 547 tests ont été transmis, indique l’OFSP. Le taux de positivité s’élève à 10,49%. Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d’infections est de 33 800. Sur les deux dernières semaines, le pays compte ainsi 390,99 nouvelles infections pour 100 000 habitants. Le taux de reproduction, qui a un délai d’une dizaine de jours, est lui de 0,81.

Le taux d’occupation aux soins intensifs atteint encore 72%, et 48% des lits sont occupés par des patients atteints du Covid-19.

Depuis le début de la pandémie, 502 191 cas de contamination au Covid-19 ont été confirmés en laboratoire sur un total de 4 048 237 tests effectués en Suisse et au Liechtenstein. Le total des décès s’élève à 8166 et le nombre de personnes hospitalisées atteint 20 907.

Le pays dénombre par ailleurs 24 020 personnes en isolement et 33 313 individus faisant partie de leurs contacts ont été mis en quarantaine. S’y ajoutent 4720 autres personnes revenant de voyage d’un pays à risque et qui ont dû aussi passer par la case de la quarantaine.


■ L’Allemagne va prolonger et durcir les restrictions

L’Allemagne s’apprête à prolonger jusqu’à la mi-février les restrictions existantes liées à l’épidémie en durcissant encore les mesures face à la crainte d’une propagation de nouveaux variants plus contagieux.

Pour la deuxième fois en trois semaines, la chancelière Angela Merkel doit se concerter à partir de 14h00 locales avec les dirigeants des 16 Etats régionaux en vue d’un nouveau tour de vis.

Parmi les arbitrages en vue: des injonctions au télétravail pour les salariés «partout où cela est possible», le port de masques médicaux quand la présence sur le lieu de travail est indispensable. Les autorités semblent également décidées à imposer le port de masques FFP2 dans les bus, tramways, métros et tous les transports, ainsi que dans les commerces. Cette obligation est en vigueur en Bavière depuis lundi.

Certains Etats régionaux envisagent aussi des mesures coercitives pour ceux qui ne respecteraient pas les délais de quarantaine, pouvant aller, en dernier recours, jusqu’à un placement forcé dans des centres spéciaux, selon la presse. Ces quarantaines, notamment en cas de test positif, font cependant rarement l’objet de contrôles à ce stade.

Des places d’hébergement contraint sont ainsi prévues sur le site d’une prison pour mineurs dans le Nord de l’Allemagne, d’un foyer pour réfugiés dans l’Est, ou de cliniques dans une région du Sud-Ouest.


■ Détruire les virus en pressant sur un bouton

Des chercheurs de la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW) ont développé un masque réutilisable auto-désinfectant. Un procédé électrochimique inactive les virus éventuellement présents.

Le masque multicouches comprend notamment un textile conducteur et une membrane isolante. Une batterie rechargeable produit une tension de quelques volts qui libère des dérivés réactifs de l’oxygène détruisant virus et bactéries en quelques minutes.

La surface du masque peut ainsi être stérilisée par simple pression sur un bouton, même en le portant. Des tests menés avec des virus MS2-bactériophages ont montré une efficacité dépassant 99%, a indiqué la ZHAW mardi dans un communiqué. Or ceux-ci sont beaucoup plus résistants que le Sars-CoV-2.

Le procédé est sans risque pour l’être humain. Le produit développé en collaboration avec l’entreprise Osmotex AG devrait être disponible au printemps pour environ 25 francs. Il a bénéficié d’un soutien d’Innosuisse.

Les chercheurs envisagent également d’autres applications, comme des revêtements pour les sièges dans les transports publics, pour les poignées de portes, voire des portemonnaies désinfectant l’argent.


■ Jour ordinaire de vaccination à Wiesbaden

Un photographe a suivi un couple de retraités au centre de vaccination de Wiesbaden.

L’inscription…

La salle d’attente…

L’injection.


■ L’Université de Genève scrute le comportement des étudiants à distance

Quel effet du téléenseignement dans les études supérieures? A l’Université de Genève, des chercheurs de la Geneva School of Economics and Management ont questionné 1459 étudiantes et étudiants de première année. Ils notent que les résultats «révèlent que les cours en ligne améliorent de 2,5% les résultats des examens des étudiant-es à haut potentiel, mais qu’en parallèle, les résultats des étudiant-es avec des difficultés d’apprentissages diminuent de 2%».

Cité dans un communiqué, Michele Pellizzari, coauteur de l’étude, affirme que «l’accès à l’enseignement en ligne semble creuser le fossé entre les étudiant-es doués et les moins doués. C’est un fait dont les universités du monde entier devraient prendre note, car le coronavirus accélère le passage à l’apprentissage en ligne».


■ En Belgique, une skieuse de retour de Suisse provoque une quarantaine massive

L’histoire est assez complexe, mais elle se résume ainsi: en Belgique, une skieuse de retour de Suisse est présentée comme ayant provoqué la mise en quarantaine de 5000 personnes…

La femme en question vit à Edegem, dans la province flamande d’Anvers. Elle est revenue de Suisse fin décembre, et elle n’a pas respecté la quarantaine qu’elle aurait dû observer, relate La Libre Belgique.

Elle a certes effectué un test au retour – négatif –, mais elle a vu sa fille, restée chez le père pendant le séjour de ski, à plusieurs reprises. Or, la mère a ensuite été testée positive. Le journal raconte: «La fillette avait infecté une autre élève, qui avait à son tour infecté sa mère, enseignante […]. Afin de minimiser les risques de contaminations, les deux établissements ont décidé de fermer leurs portes pendant une semaine. Au total, près de 5000 personnes ont dû se mettre en quarantaine: les nombreux élèves, mais aussi le personnel enseignant ainsi que leurs familles.»

Au Het Laatste Nieuws, le bourgmestre d’Edegem n’a pas caché son agacement face à la fermeture de deux de ses écoles: «Si tout le monde respectait les règles, on ne serait pas dans une telle situation. Des milliers de personnes doivent rester en quarantaine en raison de la négligence de certains».

L’affaire n’a pas été évoquée au point de presse du centre de crise fédéral belge, qui vient de se tenir à Bruxelles. Il y a surtout été question de masques (lire plus bas).


■ La Chine construit un grand centre de quarantaine

Cela rappelle les hôpitaux bâtis à une vitesse spectaculaire au printemps 2020. Ces jours, des centaines d’ouvriers, qui se relaient 24 heures sur 24, s’activent en Chine afin d’assembler en quelques jours un centre de quarantaine géant.

Le pays a largement enrayé l’épidémie depuis le printemps 2020, mais la survenue de centaines de cas de Covid-19 ces dernières semaines a provoqué une réponse forte, avec confinements et tests obligatoires.

Le foyer en cours à Shijiazhuang (11 millions d’habitants), chef-lieu de la province du Hebei qui entoure Pékin, a ainsi poussé les autorités à y construire un vaste centre de quarantaine pour isoler les personnes à risque. Ce centre de quarantaine à Shijiazhuang sera équipé de salles de bain, d’eau chaude, du Wi-fi et de l’air conditionné. Une fois achevé, dans quelques jours selon les médias, il permettra d’héberger des cas contacts. Le centre pourra accueillir plus de 4000 personnes au total, selon la télévision nationale.


■ La pandémie va peser sur l’économie mondiale pendant «cinq à dix ans», selon le WEF

La pandémie liée au coronavirus va fragiliser la stabilité politique mondiale dans 5 à 10 ans, selon le Forum économique mondial, le WEF. L’impact du coronavirus a déjà augmenté les disparités et la fragmentation sociale et va affecter largement les revenus de la population, affirme-t-il dans son rapport annuel sur les menaces dans le monde, qu’il publie ce mardi à Genève.


■ Evidemment, le semi-confinement a profité à La Poste… et un peu à Migros

+23% dans les colis. La Poste publie ses résultats 2020 ce mardi. On pouvait s’y attendre, le trafic des colis a enregistré un boom. La régie annonce le traitement de 182,7 millions de colis l’année passée, soit +23,3% par rapport à l’année antérieure (148 millions). Elle lie directement ce boom «aux mesures contre le coronavirus».

Le courrier, lui, continue de baisser, avec 1706 millions de lettres adressées (2019: 1807 millions), en recul de 5,6%.

Cette forte et rapide croissance des volumes de colis a représenté un défi majeur pour l’entreprise. Elle a créé 500 nouveaux postes et engagé 800 temporaires pour y faire face. Elle a aussi investi plus de 190 millions de francs dans son infrastructure.

Migros sourit… Migros publie aussi ses chiffres de l’année passée. Elle «s’en est bien sortie en cette année particulièrement difficile», selon son patron Fabrice Zumbrunnen. Les recettes du commerce de détail ont progressé de 2,6% à 24,38 milliards de francs. Corrigé des effets de la cession de Globus et de Depot, la hausse des ventes dans ce segment s’inscrit à 7,2%.

La pandémie a modifié le comportement d’achat de nombreux consommateurs, note Migros que résume l’ATS, ce qui s’est traduit par une croissance à deux chiffres pour les magasins de proximité. Malgré une forte diminution de l’affluence (-8,9%), les dix coopératives du groupe ont vu leurs recettes progresser de 3,0% à 14,85 milliards de francs.

Les activités en ligne ont bondi de près d’un tiers en rythme annuel, frôlant les 3 milliards de francs, une hausse à mettre au crédit de la filiale Digitec Galaxus, qui a vu ses ventes s’envoler de 56,4% à 1,70 milliard de francs, alors que celles du supermarché Migros Online (ex-Leshop) ont bondi de 40,0% à 266 millions.

… Coop un peu moins. Rappelons que Coop a présenté des premiers résultats le 6 janvier. Malgré le fait que les supermarchés ont vu leur chiffre d’affaires bondir de 14,4% à 12,0 milliards de francs, les ventes d’ensemble ont un peu reculé, de 0,2%, à 30,2 milliards, en raison de baisses dans la vente en gros et les restaurants.


■ Les atermoiements de la Chine et de l’OMS

La propagation du virus a bénéficié d’une «épidémie en grande partie cachée», écrivent les experts indépendants chargés d’évaluer la réaction mondiale face au nouveau coronavirus.

Dans son second rapport qui sera présenté ce mardi lors d’une réunion à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève, ce panel d’experts mandaté par l’agence onusienne souligne qu'«il aurait été possible d’agir plus vite sur la base des premiers signes» et que des mesures d’endiguement auraient dû être immédiatement mises en œuvre dans tous les pays confrontés à un cas probable.

Et, ajoutent-ils, «il est clair que des mesures de santé publique auraient pu être appliquées plus énergiquement par les autorités chinoises locales et nationales en janvier» 2020.

Le rapport pointe aussi du doigt la lenteur de l’OMS à réunir son comité d’urgence au début de la pandémie et ses hésitations à déclarer l’urgence sanitaire internationale, degré d’alerte le plus élevé pour une épidémie.

Ce groupe d’experts est coprésidé par l’ancienne Première ministre néo-zélandaise Helen Clark et l’ancienne présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf.


■ En France, une instance recommande de renoncer au masque artisanal en tissu

Comme l’avaient laissé entendre des médias lundi, le Haut conseil français de la santé publique (HCSP) recommande d’éviter certains masques en tissu moins filtrants, a indiqué lundi l’un de ses responsables.

«A l’occasion de la pénétration en Europe de certains nouveaux variants plus transmissibles, alors que les modes de transmission n’ont pas changé, se pose la question de la catégorie des masques que l’on peut proposer dans la population générale», a déclaré sur BFM TV Didier Lepelletier, coprésident du groupe de travail Covid-19 du HCSP.

Le spécialiste se réfère aux catégorie définies par une agence nationale. Les masques en tissu vendus dans le commerce de catégorie 1 filtrent 90% des particules, tandis que ceux de catégorie 2 n’en bloquent que 70%. Ceux-là sont remis en cause.

Le débat a lieu aussi en Belgique, où un organisme conseille au personnel soignant de mettre des masques de type FFP3. Questionné à ce sujet ce mardi à Bruxelles, un responsable du centre interfédéral coronavirus a relativisé la nécessité pour la population de porter des masques plus protecteurs: «Mieux vaut un masque simple bien porté.»