La campagne du vote sur le Brexit, en juin, s'annonce moyennement sereine. L'ancien maire conservateur de Londres Boris Johnson, chef de file du camp pro-Brexit, a estimé que l'Union européenne se comportait «comme Adolf Hitler» en essayant de créer un super-Etat.

Dans un entretien au Sunday Telegraph, Boris Johnson a déclaré que l'histoire de l'Europe a été marquée depuis 2000 ans par des tentatives répétées de rassembler le continent sous un seul et unique gouvernement, comme pour imiter l'Empire romain.

«Napoléon, Hitler, plusieurs personnes ont essayé de le faire, et cela s'est terminé de manière tragique. L'Union européenne est une autre tentative avec des méthodes différentes», a-t-il affirmé à moins de six semaines du référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE.

«Mais fondamentalement ce qui manque c'est l'éternel problème, à savoir qu'il n'y a pas de véritable loyauté envers l'idée d'Europe. (...) Il n'y a pas d'autorité unique qui puisse être respectée ou comprise. C'est la cause de cet immense vide démocratique», a ajouté Boris Johnson, l'un des leaders du parti conservateur du Premier ministre David Cameron – qui, lui, milite pour le maintien du pays dans l'UE.

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Les travaillistes ulcérés

Ces propos ont été dénoncés par des responsables et des députés du parti travailliste d'opposition. «Boris a touché une nouvelle fois le fond», a indiqué la députée travailliste Angela Rayner sur Twitter.

Hilary Benn, porte-parole pour les questions de politique étrangère du Labour et partisan d'un maintien dans l'UE, a rappelé qu'«après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, l'UE a aidé à mettre un terme à des siècles de conflits en Europe». «Le fait que Boris Johnson fasse cette comparaison est offensant et désespéré», a-t-il ajouté.

Une autre figure du Labour, Yvette Cooper, également opposée à tout Brexit, a estimé que l'ancien maire de Londres jouait à un «sale jeu». «Plus il s'agite avec ce genre de déclaration hystérique, plus il montre son manque honteux de jugement, son empressement à jouer les hommes politiques les plus cyniques et clivants et le vide de ses arguments», a-t-elle lancé.

Le UKIP applaudit, évidemment

Dimanche, Boris Johnson a reçu le soutien de Nigel Farage, le chef du parti europhobe et anti-immigration UKIP, qui a affirmé qu'il le soutiendrait pour succéder à David Cameron en tant que Premier ministre.

Boris Johnson n'en est pas à sa première déclaration controversée. Le mois dernier, il avait été accusé de racisme à l'égard du président américain Barack Obama en lui attribuant un penchant anti-britannique lié à ses origines «en partie kenyanes».

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