Chypriotes grecs et turcs sont réunis à Genève avec l’Union européenne et les chefs de la diplomatie grec, turc et britannique pour tenter d’avancer sur une réunification de l’île. Cette conférence internationale, qualifiée d’historique, s’est ouverte jeudi à 11h15.

Présents à Genève depuis lundi, le président chypriote Nicos Anastasiades et celui de la République turque de Chypre Nord (RTCN) Mustafa Akinci ont été rejoints par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et les chefs de la diplomatie européenne Federica Mogherini, grecque Nikos Kotzias, turc Mevlut Cavusoglu et britannique Boris Johnson.

Alexis Tsipras est prêt à venir

De son côté, le premier ministre grec Alexis Tsipras est prêt à se rendre à Genève pour participer à la conférence sur la réunification de Chypre. A condition que toutes les parties fassent preuve de bonne volonté en ce qui concerne les questions de sécurité, a annoncé Athènes jeudi.

«Le gouvernement grec est décidé à travailler d’arrache-pied pour trouver une solution. Si toutes les parties ont la volonté de trouver une solution concernant la sécurité […], le premier ministre ira à Genève et nous pourrons parvenir à un règlement juste et viable de la question chypriote», a déclaré Dimitris Tzanakopoulos, porte-parole du gouvernement.

Boris Johnson salue un «courage» des deux parties

La veille, les deux délégations chypriotes avaient formulé des propositions sur la manière de définir la limite entre les deux zones une fois le contentieux réglé. «Je salue le courage et la détermination dont les deux parties ont fait preuve», a de son côté déclaré le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson, présent dans la cité de Calvin. «Les discussions de Genève sur la question chypriote offrent aux deux parties une occasion unique de trouver une solution», a-t-il ajouté.

Le conseiller fédéral Didier Burkhalter ne participe pas à la conférence. Mais il a une «brève interaction» avec les dirigeants présents. Les participants doivent évoquer les questions sensibles de la sécurité et des garanties. Selon le traité d’indépendance de 1960, les trois pays garants (Grèce, Turquie et Royaume-Uni) peuvent en cas de besoin intervenir militairement pour rétablir l’ordre constitutionnel. Cette clause avait été utilisée par la Turquie pour envahir le nord de l’île en 1974.

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Depuis l’invasion turque, la République de Chypre, membre de l’UE depuis 2004, n’exerce son autorité que sur la partie sud, où vivent les Chypriotes grecs. La RTCN n’est reconnue que par la Turquie. Tout compromis serait soumis au vote par référendum dans chacune des deux parties de l’île, où ces pourparlers de paix ne font pas l’unanimité.

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