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Boris Johnson, la victoire d’une ambition sans bornes

Le nouveau leader du Parti conservateur est souvent comparé à Donald Trump. De fait, c’est surtout son absence de convictions et une immense ambition qui le caractérisent

En 1984, le jeune Boris Johnson, déjà échevelé, drôle et très populaire à travers l’Université d’Oxford, décide de se présenter à la présidence d’Oxford Union, le club très sélect des étudiants qui rêvent de faire de la politique – un lieu qui a vu se former de nombreux futurs ministres. «Il a fait une campagne où il était le candidat de droite, conservateur, traditionnel», se rappelle Neil Sherlock, qui l’a battu cette année-là et est depuis devenu conseiller du Parti libéral-démocrate. «L’année suivante, il s’est de nouveau présenté. Cette fois, il était un candidat centriste, socialement libéral, complètement transformé. Il a gagné.»

Alors que Boris Johnson, 56 ans, s’est imposé à la tête du Parti conservateur ce mardi, l’anecdote mérite d’être racontée. Qui est celui qui va officiellement devenir premier ministre du Royaume-Uni demain mercredi, après la démission de Theresa May? L’amusant raconteur d’histoires, populaire maire de Londres, pro-immigration, qui dégage un charisme et une énergie débordants? Ou le dangereux menteur, meneur du Brexit, catastrophique ministre des Affaires étrangères qui n’hésite pas à flirter avec la xénophobie et est adoré par Donald Trump?