Des trois morts, celle d’un petit garçon de 8 ans, Martin Richard, tué après avoir enlacé son père qui venait de franchir la ligne d’arrivée, a particulièrement ému les Bostoniens. Mardi soir, plus de mille d’entre eux se sont donné rendez-vous dans un parc situé à Dorchester, dans la banlieue de Boston, non loin de la maison où habitait le petit garçon. La veillée aux chandelles a été organisée en quelques heures par des voisins et des amis de la famille. Les gens, graves, y ont entonné des chants, leurs bougies parsemant la pelouse du parc de petites lueurs.

Dans un bref communiqué, le père de Martin, Bill Richard, avait déclaré la veille: «Mon fils adoré est mort des suites des blessures causées par l’attentat de Boston.» «Ma femme et ma fille se remettent de graves blessures», avait-il ajouté: «Nous remercions notre famille et nos amis, ceux que nous connaissons et ceux que nous n’avons jamais rencontrés, pour leurs pensées et leurs prières.»

En ville, près de 700 personnes se sont massées mardi soir dans l’église d’Arlington Street, non loin de l’endroit où s’est produit l’attentat qui a tué trois personnes et fait 176 blessés. «Aujourd’hui, nous nous rassemblons le cœur brisé et en colère», a lancé le pasteur Kim Crawford Harvie au début de la célébration. «Mais l’amour est plus fort que la colère. L’amour est plus fort que la peur. L’amour est vainqueur», a-t-elle ajouté, sur fond de «Imagine» de John Lennon.

Outre Martin Richard, l’attentat a également coûté la vie à Krystle Campbell, une gérante de restaurant de 29 ans, et une étudiante chinoise de Boston University, dont la famille a souhaité que le nom ne soit pas divulgué.

Le père de Krystie Campbell a expliqué à la presse locale qu’elle avait accompagné sa meilleure amie pour photographier le compagnon de cette dernière à l’arrivée du marathon. Sa mère, d’une voix brisée, a expliqué qu’on lui avait d’abord dit que sa fille avait survécu. Ce n’est qu’en arrivant à l’hôpital qu’elle avait découvert que c’était l’amie de sa fille qui s’en était sortie. «Tous ceux qui la connaissaient l’aimaient», a déclaré Patty Campbell, «nous n’arrivons pas à croire que cela s’est passé. Cela n’a aucun sens.»

Chorale improvisée

Près de 500 Bostoniens se sont aussi retrouvés spontanément dans le parc de Common en pleine ville, sous l’œil de plusieurs dizaines de militaires. Autour du kiosque à musique, une banderole «La paix ici et partout», des larmes, des petits drapeaux américains et une chorale qui entonne l’hymne national, le «Let it be» des Beatles ou encore «God Bless America».

«J’ai regardé les informations et je me suis demandé ce que je pouvais personnellement faire. J’ai donc invité tous les chanteurs que je connaissais», raconte Lori, une femme de 31 ans, à l’origine de cette chorale improvisée. «Nous n’avions pas les moyens financiers pour aider mais nous avions nos voix.» Non loin de la ligne d’arrivée, des gerbes de fleurs ont été déposées, et plusieurs coureurs, en pleurs, se sont recueillis. «Je reviendrai à Boston et continuerai à courir des marathons», promet un coureur vénézuélien qui a préféré ranger dans son sac sa médaille remportée la veille.

Le marathon aura lieu en 2014

Les organisateurs ont annoncé que la course serait reconduite en 2014. «Nous sommes déterminés à poursuivre cette tradition en organisant le 118e marathon de Boston en 2014», a déclaré Thomas Grilk, directeur de l’Association athlétique de Boston. «Le marathon de Boston est une tradition profondément ancrée, une partie intégrante de la construction et de l’histoire de notre communauté», a-t-il précisé.

Mercredi, l’attentat n’avait toujours pas été revendiqué et la police n’avait pas indiqué si elle suivait plutôt une piste étrangère ou américaine.