Le général Bozizé, qui s'est autoproclamé dimanche «président de la République» à la place d'Ange-Félix Patassé, réfugié au Cameroun, a suspendu la constitution, dissolu l'Assemblée nationale et limogé le gouvernement. Le bilan des victimes semble s'être alourdi. Une dizaine de corps de pillards tués par les rebelles gisaient lundi dans les rues de Bangui, théâtre de deux jours de pillages. Beaucoup d'édifices publics et commerces ont été pillés. Le général Bozizé a annoncé lundi matin des «perquisitions à grande échelle» pour «démasquer» les pillards. Malgré plusieurs condamnations du coup d'Etat, aucune voix ne s'est exprimée en faveur d'un retour de M. Patassé. La Communauté économique des Etats sahélo-sahariens (Censad), la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (Cemac), l'Union africaine (UA), l'Afrique du Sud, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et l'Assemblée parlementaire de la francophonie ont condamné lundi le coup d'Etat. Le Gabon a averti Bozizé que toute nouvelle atteinte à la force de paix de la Cemac serait considérée comme une «agression délibérée» contre ses Etats membres. François Rivasseau, porte-parole du Ministère des affaires étrangères français, a réitéré la condamnation de ce coup d'Etat et exprimé la «conviction» de la France «que seule une solution politique respectueuse des principes démocratiques pourra résoudre durablement la crise». Paris a déployé lundi 300 soldats sur l'aéroport de Bangui, pour contrôler son accès et permettre l'évacuation des étrangers. Les soldats français ont évacué quelque 230 Français et ressortissants de la communauté internationale.