La bombe qui a explosé mardi matin dans un minibus à Istanbul – faisant deux blessés graves – est le dernier des attentats attribués au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) depuis la condamnation à mort d'Abdullah Öcalan. Lundi, deux employés d'une entreprise d'Etat travaillant à la construction d'une route dans le sud-est anatolien – le Kurdistan de Turquie – étaient abattus. Ces victimes s'ajoutent aux quatre personnes tombées dimanche soir lors de l'attaque d'un café à Van et à celle tuée par l'explosion d'une mine. A Istanbul, une bombe faisait également un mort. D'autre part, selon les autorités turques, quatre bergers auraient aussi été tués par le PKK depuis le début du mois. En tout, si l'on en croit les chiffres officiels, on arrive donc à un bilan de 12 morts et près de 60 blessés. Et ce uniquement pour les civils.

Par la voix de l'un de ses avocats venu le visiter dans l'île-prison d'Imrali où il est toujours détenu, Abdullah Öcalan a indiqué qu'il désapprouvait ces attentats. La branche armée du PKK, l'Armée populaire de libération du Kurdistan (ARGK), de son côté, a appelé mardi ses sympathisants à un arrêt des attentats suicides contre les représentations de l'Etat turc. Les chefs rebelles kurdes qui ont remplacé Öcalan depuis son arrestation incitent néanmoins les rebelles à «intensifier les combats».

A côté des attentats visant des civils, les combattants du PKK ont également poursuivi leur guérilla visant postes de police ou positions militaires dans le sud-est anatolien. Embuscades, attentats suicides: là aussi, le bilan est lourd. Au moins 4 morts et 27 blessés parmi les forces de l'ordre, auxquels il faudrait peut-être ajouter les victimes d'une attaque contre une base militaire de Yuksekova, près de la frontière iranienne et qui aurait fait 18 tués parmi les soldats selon l'agence de presse DEM, proche des rebelles. Les autorités turques n'ont pas confirmé cette attaque.

Les forces armées de leur côté ne restent pas inactives depuis le début du mois. Elles ont conduit d'amples opérations de contre-guérilla dans le sud-est et même dans le nord de l'Irak où 10 000 soldats, appuyés par des hélicoptères et des chasseurs bombardier, ont fait une incursion de quelques jours la semaine dernière. Selon l'armée turque, une quarantaine de rebelles auraient été tués.

Entre les attentats terroristes et les opérations militaires, près d'une centaine de personnes auraient donc été tuées depuis l'annonce du verdict, c'est-à-dire en moins de quinze jours.