Atteint d'un cancer digestif diagnostiqué en 2019, l'édile de 41 ans a été emporté par la maladie dimanche. Début mai, Bruno Covas avait annoncé sa mise en retrait de la mairie après la découverte d'une nouvelle tumeur au foie et de métastases osseuses, ainsi qu'un épanchement pleural. Hospitalisé, il avait été intubé.

Malgré la maladie, Il s'était présenté aux municpales et avait été réélu en novembre, pour un mandat de quatre ans. Au plus fort de la pandémie, le jeune édile passait non seulement ses journées, mais aussi ses nuits dans son bureau à la mairie, où il avait installé un lit et une table de nuit.

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Malgré la maladie, il tenait à être disponible 24h/24h pour s'occuper de la crise sanitaire qui touche ses 12,2 millions d'administrés.

Farouche opposant de Bolsonaro

Fan de Heavy Metal, moins guindé que ses collègues des hautes sphères du pouvoir, Bruno Covas était jeune, mais c'était loin d'être un novice en politique. Il s'est inscrit dans la lignée de son grand-père, Mario Covas (1930-2001), figure politique de grande envergure à Sao Paulo et à l'échelle nationale, lui aussi mort d'un cancer.

Il a obtenu son premier mandat à 26 ans, se faisant élire député régional pour le parti de centre droit PSDB, de l'ex-président Fernando Henrique Cardoso (1995-2002). En 2016, il a été élu vice-maire aux côtés de Joao Doria, qui lui a cédé la place en avril 2018, pour briguer le poste de gouverneur.

Au début de sa carrière politique, Bruno Covas avait des cheveux bruns, drus, et un certain embonpoint. Il avait déjà minci grâce à un régime après être devenu maire, mais la maladie l'a totalement transformé: très maigre, pâle, chauve, les yeux creusés par la fatigue, mais une détermination sans faille.

Aux côtés de Joao Doria, il s'est farouchement opposé au président d'extrême droite Jair Bolsonaro sur la gestion de la crise sanitaire. Avec le slogan «Fique em casa» (Restez chez vous) omniprésent depuis le début de la pandémie, le maire de Sao Paulo disait se laisser guider uniquement «pas la science» pour prendre des mesures de restrictions auquel le chef de l'Etat est totalement opposé.

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Depuis son lit d'hôpital

Malgré toutes ses précautions, Bruno Covas a été contaminé par le Covid-19 en août, mais sans présenter de symptômes graves.

Il s'est lancé un nouveau défi par la suite, les municipales de novembre, qu'il a remportées haut la main au second tour, en battant le candidat de gauche Guilherme Boulos avec près de 60% des suffrages.

À ce moment-là, les médecins estimaient que son état de santé était sous contrôle. Il effectuait des examens réguliers et suivant des séances d'immunothérapie. Souriant, aux côtés de son fils Tomas, 15 ans, le maire promettait une gestion de dialogue et de lutte contre les inégalités.

Mais son horizon s'est assombri à nouveau en avril. De nouvelles tumeurs sont apparues et il a dû être hospitalisé. Cela ne l'a pas empêché de continuer à travailler depuis son lit d'hôpital, même s'il était nourri par intraveineuse.