Le Brésil annoncera cette semaine une réduction de 38 à 42% de ses gaz à effet de serre d’ici à 2020, a indiqué mardi Dilma Roussef, cheffe de cabinet du président Luis Inacio Lula da Silva et candidate à sa succession aux élections de 2010. «Le Brésil adoptera une ligne très claire», a-t-elle dit lors d’un forum sur le climat.

Pour cela, le gouvernement veut diminuer de 80% la déforestation, tandis qu’un cinquième de l’effort reposera sur l’industrie et l’agriculture. Si ces propos sont confirmés, le Brésil serait le premier des grands pays émergents à se présenter au Sommet mondial de Copenhague le 7 décembre avec un objectif contraignant et chiffré. La Chine et l’Inde s’y sont refusés jusqu’ici, arguant qu’il appartient d’abord aux pays développés de préciser quels efforts ils consentent en termes de réduction d’émissions et de transferts financiers vers les pays du Sud.

Ces derniers, mécontents des maigres progrès réalisés à Barcelone lors de l’ultime réunion préparatoire du sommet, ont menacé de quitter la réunion de Copenhague si les pays riches ne s’engagent pas davantage. De leur côté, l’Union européenne, l’ONU et plusieurs organisations non gouvernementales reprochent aux Etats-Unis de ralentir les discussions en ne se fixant aucun objectif en matière de réduction des émissions.

«J’irai à Copenhague si…»

A défaut de chiffre précis, on connaît la fourchette en discussion au Congrès américain – 17 à 20% de réduction par rapport au niveau de 2005 (et non de 1990, comme les autres pays). Le chiffre de 17% figure dans le projet de loi accepté par la Chambre des représentants, tandis que le Sénat a commencé à débattre d’un projet où figure celui de 20%.

Mais les républicains ont boycotté une séance de commission du Sénat la semaine dernière, et il est quasi certain que les Etats-Unis arriveront à Copenhague sans norme contraignante. Seul l’engagement personnel des chefs d’Etat peut désormais sauver le sommet mondial sur le climat d’un demi-échec, voire d’un échec complet. Dans son discours d’investiture prononcé mardi, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré «attendre maintenant des contributions des Etats-Unis, de la Chine et de l’Inde», laissant entendre qu’elle se rendra à Copenhague seulement si ces trois pays adoptent une position claire.

De son côté, Barack Obama, qui ira au même moment chercher son Prix Nobel de la paix à Oslo, a suggéré mardi qu’il se rendra à Copenhague «s’il a la conviction que tous les pays concernés négocient de bonne foi, que nous sommes à deux doigts d’un accord significatif et que ma présence peut faire la différence pour y aboutir».

Des propos qui ne manquent pas d’ironie, tenus par le président du pays le plus en retard sur ce dossier.