Les pluies torrentielles qui ont provoqué inondations et coulées de boue depuis mardi dans la région de Recife, dans le nord-est du Brésil, ont fait au moins 79 morts et 56 disparus, a indiqué la Défense civile de l'Etat de Pernambouc dans un communiqué publié dimanche. Le président brésilien Jair Bolsonaro a déclaré qu'il se rendrait à Recife lundi.

La tempête a provoqué des glissements de terrain sur les flancs des collines, le débordement des rivières et de grands torrents de boue qui ont tout emporté sur leur passage.

Lors d'une accalmie, quelque 1200 hommes, disposant d'hélicoptères et de bateaux, ont repris dimanche la recherche des disparus et des personnes isolées.

C'est dans la région Jardim Monteverde, à la frontière entre Recife et Jaboatao dos Guararapes où se trouvent des bidonvilles, que s'est produit le plus grand drame, samedi matin, lorsqu'un glissement de terrain a tué 19 personnes. Onze des personnes tuées dans ce glissement de terrain étaient des proches de Luiz Estevao Aguiar, interrogé en larmes par TV Globo. «Ma soeur est morte, mon beau-frère est mort, onze personnes de ma famille sont mortes, c'était difficile. C'était très difficile. Je ne m'attendais pas à cela», a déclaré l'homme âgé, qui vit dans une autre commune.

De fortes pluies attendues

Les autorités avaient averti samedi que de fortes pluies étaient prévues pour dimanche, mais la tempête s'est finalement calmée dans la matinée.

Entre vendredi soir et samedi matin, le volume des précipitations a atteint 70% de ce qui est normalement prévu pour l'ensemble du mois de mai dans certaines parties du Pernambouc.

«Bien qu'il ait cessé de pleuvoir, nous nous attendons à de fortes pluies dans les prochains jours. La première chose à faire est donc de maintenir des mesures d'autoprotection», a déclaré le ministre du Développement régional, Daniel Ferreira, qui a survolé la zone sinistrée en compagnie d'autres responsables brésiliens.

Le météorologue Estael Sias, de l'agence MetSul, a expliqué à l'AFP que les fortes pluies qui touchent le Pernambouc et, dans une moindre mesure, quatre autres Etats du nord-est du pays, résultent d'un phénomène typique de cette période de l'année, les «vagues orientales». Il s'agit, a-t-il dit, de zones de «perturbation atmosphérique» qui se déplacent du continent africain vers la région côtière brésilienne. «Dans d'autres régions de l'Atlantique, cette instabilité forme des ouragans, mais dans le nord-est du Brésil, elle a le potentiel de produire beaucoup de pluie y compris des orages.»

Une tragédie qui s'explique par la topographie des lieux

Les images du week-end rappellent le drame survenu en février à Petropolis, dans l'Etat de Rio de Janeiro (sud-est), où 233 personnes avaient été tuées lors de pluies torrentielles et de coulées de boue.

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Selon les experts, ce type de tragédie s'explique aussi par la topographie des lieux et la présence de grands bidonvilles, avec des habitations majoritairement construites illégalement dans des zones escarpées à risque.