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Des Vénézuéliens longeant la frontière pour rejoindre Pacaraima, dans l’Etat de Roraima, au Brésil, le 16 novembre 2017./REUTERS/Nacho Doce
© NACHO DOCE

Brésil

Le Brésil prend des mesures d’urgence face à l’afflux de Vénézuéliens

La principale zone concernée est l’Etat de Roraima, dans le nord du pays, qui a été déclaré en «état d’urgence sociale». Pour remédier à cet afflux, une commission fédérale d’assistance d’urgence va être créée

Le gouvernement brésilien a adopté jeudi des mesures pour faire face à la crise suscitée par l’arrivée massive de Vénézuéliens dans une région du nord du Brésil, reconnaissant une «situation de vulnérabilité» dans cette zone. Parmi les décisions figure la création d’une commission fédérale d’assistance d’urgence «pour l’accueil des personnes en situation de vulnérabilité en raison du flux migratoire provoqué par la crise humanitaire» au Venezuela, indique le document finalisé jeudi lors d’une réunion du président Michel Temer avec plusieurs ministres.

Les mesures prévues visent à améliorer la protection sociale, la santé et la sécurité publique dans les municipalités brésiliennes qui ont été submergées par l’arrivée massive de migrants vénézuéliens qui passent quotidiennement la frontière pour fuir la crise qui affecte leur pays.

Peu avant d’annoncer les nouvelles dispositions, le gouvernement avait indiqué dans un communiqué qu’il allait déclarer un «état d’urgence sociale» dans la région considérée, l’Etat de Roraima, dans le nord du Brésil.

«L’état d’urgence sociale donne au gouvernement une plus grande marge de manœuvre pour allouer des fonds à des travaux d’infrastructures et mettre en place des actions humanitaires dans la région», précisait le texte. «Les effectifs militaires seront doublés, pour atteindre 200 soldats», a annoncé le ministre de la Défense Raul Jungmann, cité dans le communiqué.

Une crise humanitaire à Boa Vista

Selon le gouvernement, «environ 40 000 Vénézuéliens vivent actuellement dans des lieux d’hébergement à Boa Vista», la capitale de l’Etat de Roraima, «à la recherche de meilleures conditions de vie en raison de la crise économique dans leur pays d’origine». Cela équivaut à 10% de la population de la ville. Boa Vista est submergée depuis des mois par l’afflux quotidien de migrants en provenance du Venezuela et le gouvernement local a affirmé à plusieurs reprises manquer de moyens et d’infrastructures pour faire face à cette crise humanitaire.

«Tous les recours nécessaires seront utilisés pour régler la question des Vénézuéliens, d’un point de vue humanitaire, mais aussi le problème de l’Etat de Roraima», avait affirmé lundi le président Temer, après avoir interrompu son congé du carnaval pour se rendre sur place et rencontrer des autorités politiques de la région. La semaine dernière, au moins cinq Vénézuéliens, dont une petite fille de 4 ans, ont été blessés dans deux incendies d’origine criminelle contre des habitations où sont hébergées des familles de migrants.

Le gouvernement a également annoncé dans son communiqué que les nouvelles mesures seraient prises en étroite collaboration avec d’autres pays voisins du Venezuela, comme la Colombie.

Lire aussi: Ruiné, le Venezuela obtient de l’aide en Russie

Disposant d’immenses réserves pétrolières mais ruiné notamment par la chute des cours, le Venezuela vit une grave crise économique et sociale, avec une pénurie de très nombreux produits de base, aliments et médicaments, et une inflation qui devrait atteindre 13 000% en 2018 selon l’estimation du Fonds monétaire international (FMI).

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