En pleine polémique sur la diffusion des données de l'épidémie due au coronavirus, le ministère brésilien de la santé a publié dimanche soir deux séries différentes de bilans. Le premier, envoyé par WhatsApp, faisait état de 1382 décès supplémentaires en 24 heures.

Le total des morts indiqué par la capture d'écran d'un graphique affichait 37 312. Les nouvelles contaminations s'élevaient à 12 581. Mais un second bilan quotidien, publié deux heures plus tard sur le site du ministère, affichait un nombre de décès inférieur (525), mais largement supérieur quant aux infections (18 912).

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Le ministère, sollicité par l'AFP, n'a pas précisé lequel des deux bilans était le bon. En divulguant son premier bilan de dimanche, le ministère avait affirmé qu'il reprenait la diffusion des chiffres totaux de l'épidémie, après l'avoir suspendue pendant deux jours.

Les autorités régionales de santé au Brésil avaient accusé samedi le gouvernement de «rendre invisibles» les morts du coronavirus. Le président Jair Bolsonaro lui-même avait tweeté le même jour que les chiffres totaux ne «reflètent pas le moment du pays». La communauté scientifique au Brésil estime cependant les bilans sont largement inférieurs à la réalité.

Hôpitaux au bord de l'effondrement

Le virus, dont le bilan des morts a franchi dimanche le seuil des 400'000 morts sur la planète, poursuit également sa propagation dans le reste de l'Amérique latine.

Le Chili a enregistré des records ces dernières 24 heures, avec 96 décès et 6405 contaminations, portant le total des morts à 2290. La capitale Santiago, où vivent sept des 18 millions de Chiliens, est le principal foyer épidémique du pays, avec 80% des contaminations. Des services sanitaires au bord de la rupture.

Cette pandémie «nous apprend que nous sommes une grande famille. Ce qui arrive à un être humain à Wuhan arrive à la planète entière, à nous tous [...] Il n'y a pas de mur. Il n'y a aucun mur qui puisse séparer les gens», analyse Isabel Allende, auteure chilienne. Au Pérou, deuxième pays d'Amérique du Sud le plus touché derrière le Brésil, le système hospitalier est aussi au bord de l'effondrement, notamment à cause du manque d'oxygène.

Déconfinement à New York

Aux Etats-Unis, où les manifestations anti-racisme dominent désormais l'actualité, le déconfinement se poursuit. New York doit entrer cette semaine dans la phase 1 du plan de réouverture de ses activités économiques.

Cette phase autorisera les entreprises du bâtiment et les usines de la capitale économique américaine à reprendre le travail. Les commerces de détail seront autorisés à rouvrir sous une forme restreinte. Le bilan des dernières 24 heures aux Etats-Unis est de 691 morts, selon l'université Johns-Hopkins, contre 3000 morts par jour au plus fort de la crise.

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En Europe, si le déconfinement se poursuit dans un certain nombre de pays, la Pologne elle a enregistré durant le week-end une montée en flèche des infections au coronavirus, avec 1151 nouveaux cas. Parmi les personnes contaminées, près de deux tiers sont des employés de la mine de charbon de Zofiowka, dans le sud du pays, et des membres de leurs familles.

Une bonne nouvelle est venue lundi de Nouvelle-Zélande: le dernier patient qui était encore à l'isolement est sorti de l'hôpital. «Le fait de n'avoir aucun cas actif pour la première fois depuis le 28 février est certainement un jalon important dans notre périple», s'est félicité le directeur général du ministère de la santé.