UE-Grande-Bretagne

Brexit: les «bases» de l'accord «sont prêtes», selon Donald Tusk

Le président du Conseil européen Donald Tusk a indiqué mercredi que les bases d'un accord sur le Brexit étaient «prêtes» et pourraient se concrétiser dans les prochaines heures. Le négociateur de l’UE, Michel Barnier, avait laissé filtrer un avis nuancé en fin de matinée

«Les bases d’un accord sont prêtes et, en théorie, demain nous pourrions approuver cet accord avec la Grande-Bretagne», a déclaré Donald Tusk aux journalistes polonais à Bruxelles. «En théorie, d’ici sept à huit heures, tout devrait être clair», a-t-il ajouté.

Son collègue français, le négociateur de l’UE Michel Barnier avait émis un avis moins optimiste plus tôt dans la journée précisant qu’il restait «d’importants problèmes à régler» avant d’aboutir à un accord sur le Brexit.

Michel Barnier a informé mercredi matin la commission européenne de «l’état des discussions techniques qui se sont poursuivies tard cette nuit et qui sont toujours en cours», a déclaré Dimitris Avramopoulos lors d’un compte rendu à la presse.

La rumeur positive de mardi soir

Mardi soir, les responsables ont laissé entendre qu’un accord restait «possible» entre Londres et l’UE pour permettre un divorce à l’amiable. Michel Barnier a jugé «très possible» de parvenir à un accord cette semaine. «Des discussions détaillées sont en cours et un accord est encore très possible», a alors confirmé son interlocuteur britannique, le ministre pour le Brexit Steve Barclay.

Le premier ministre irlandais nuance

La livre sterling a subitement accru ses gains mardi en fin de journée face à l’euro et au dollar, gagnant plus de 1%, dans la foulée de rumeurs faisant état d’une ébauche d’accord sur le Brexit. «Il semblerait que nous fassions des progrès et que les négociations aillent dans la bonne direction. Mais savoir si nous pourrons conclure un accord de retrait révisé à temps pour le sommet jeudi, pour l’instant ce n’est pas clair», a déclaré le premier ministre irlandais Leo Varadkar, lors d’une conférence de presse à Dublin.

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«Il est prématuré de dire qu’on y est mais c’est prometteur. Le dénouement est attendu au plus tard demain matin» [ce mercredi matin], a dit à l’AFP une source européenne. Il y aurait trois cas de figure, selon cette source, «un accord, pas d’accord ou la poursuite des négociations après le sommet» de jeudi et vendredi.

Doutes en Allemagne

Un membre du gouvernement allemand s’était dit auparavant «dubitatif sur la possibilité d’avoir un accord sur un texte juridique d’ici à demain», après avoir été informé de l’état des discussions avec les Britanniques.

Les négociateurs britanniques et européens poussent les feux pour tenter de conclure un traité de retrait avant la date du divorce fixé au 31 octobre et que Boris Johnson dit vouloir absolument respecter. Il s’est entretenu mardi matin avec le président français Emmanuel Macron.

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«Si l’accord ne peut être conclu aujourd’hui ou demain avant le sommet, les dirigeants européens devront alors décider du type de mandat qu’ils veulent donner à Michel Barnier», a souligné le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, à Luxembourg. «Il est possible de continuer les négociations la semaine prochaine», a-t-il assuré.

La Finlande évoque une temporisation

Le premier ministre finlandais Antti Rinne, dont le pays assume la présidence semestrielle de l’UE, estime lui aussi que les négociations pourraient se poursuivre après le sommet européen. L’hypothèse d’un sommet supplémentaire d’ici le 31 octobre circule.

Plus de trois ans après le référendum britannique de juin 2016 qui a donné la victoire au Brexit, aucun accord n’a encore été trouvé pour éviter un divorce brutal.

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Les bourses saluent l’hypothèse

La bourse de Paris s’orientait vers une ouverture à l’équilibre mercredi matin (+ 0,02%) à 5703,39 points, reprenant son souffle après avoir atteint un nouveau sommet en près de douze ans la veille, sur fond d’espoir d’un accord sur le Brexit dans les jours à venir.

Le contrat à terme sur le CAC 40 cédait 0,01% une quarantaine de minutes avant l’ouverture de la séance. La veille, il avait fini en nette progression de 1,04% à 5702,05 points, soit un nouveau plus haut en clôture depuis le 12 décembre 2007.

La bourse de Francfort a fini en hausse mardi, le Dax gagnant 1,15% dans un marché rassuré par des signaux positifs sur le Brexit et les négociations sino-américaines.

Wall Street a également terminé dans le vert.

«Les questions concernant le Brexit perturbent […] quelque peu les investisseurs au lendemain des informations selon lesquelles l’Union européenne (UE) et Londres se rapprocheraient d’un projet d’accord», ont estimé dans une note les experts de Mirabaud Securities Genève.

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