Europe 

Brexit: Berlin ouvert à un «court report technique»

L'Allemagne juge envisageable un «court report technique» de la date du Brexit pour que Londres décroche le feu vert du Parlement britannique à l'accord de sortie de l'Union européenne, a déclaré lundi le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas

«Je n'exclurais pas qu'il puisse y avoir un court report technique au cas où le Royaume-Uni rencontre des problèmes dans le processus de ratification» de l'accord négocié entre le Premier ministre Boris Johnson et l'UE». C'est ce qu'a déclaré ce lundi, le ministre des Affaires étrangères allemand Heiko Mass, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue biélorusse Vladimir Makei.

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Le gouvernement britannique doit de nouveau tenter d'obtenir lundi le soutien du Parlement, après avoir échoué samedi. «J'espère que la chambre des communes va aujourd'hui prendre une décision avec la responsabilité nécessaire», a déclaré Heiko Maas, et que «sur la base de cette décision, nous puissions être en mesure de réaliser un Brexit ordonné», a-t-il dit.

Au cas où le parlement le rejetterait en revanche, une décision sur un éventuel report de la date de sortie, fixée au 31 octobre, devra être prise par les partenaires européens, selon le ministre social-démocrate.

Le ministre de l'Economie conservateur Peter Altmaier, un proche d'Angela Merkel, avait lui aussi évoqué l'éventualité d'un sursis technique. «Toutes luttes politiques internes supplémentaires mettraient en danger la prospérité et les emplois. Si un report de quelques semaines est nécessaire, nous n'aurions pas de problème avec cela», a-t-il déclaré au journal populaire Bild Zeitung.

Consultation des 27 membres 

Le porte-parole de la chancelière conservatrice Steffen Seibert a de son côté refusé lundi de s'avancer sur ce point, se bornant à dire que «les 27 membres de l'UE devaient désormais se consulter».

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Guérilla cet après-midi au parlement anglais

Ce lundi, le gouvernement britannique tente lundi, après un premier échec, d'obtenir un vote du parlement sur l'accord de Brexit conclu avec Bruxelles pour faire en sorte que le pays quitte l'UE fin octobre, malgré la détermination de l'opposition à faire dérailler ses plans.

Lundi après-midi, Boris Johnson va essayer de nouveau de faire adopter par le parlement une motion sur son accord de Brexit, si le président de la Chambre des Communes, John Bercow, l'y autorise. Ce dernier, accusé par certains conservateurs d'être anti-Brexit, pourrait bien en effet refuser la tenue de ce vote, au motif que le gouvernement a déjà tenté samedi de rallier les parlementaires sur ce texte – et échoué.

Nouvelle demande de référendum

Keir Starmer, chargé du Brexit au sein du Labour, a déclaré dimanche à la BBC que l'accord de Brexit devait être soumis au vote des Britanniques lors d'un référendum, un scrutin en faveur duquel des centaines de milliers de personnes ont manifesté à Londres samedi.

Le Parti travailliste va aussi pousser en faveur d'un amendement contraignant Londres à demander à l'UE de rester dans une union douanière, un amendement qui «nous ramènerait à la case départ», a mis en garde la ministre du Commerce Liz Truss dans les colonnes du Daily Telegraph. Cette option avait en effet été examinée puis rejetée par le parlement il y a quelques mois.

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Une «furie» des conservateurs

Le quotidien conservateur faisait sa Une lundi sur la «guérilla» parlementaire attendue, tandis que le tabloïd The Daily Mail évoquait la «furie face au complot travailliste pour ruiner le Brexit».

«Si nous ne partons pas (de l'UE) ce sera parce que le parlement a empêché le gouvernement de faire ce à quoi il s'était engagé», a déclaré un ministre haut placé au quotidien The Times, estimant que la seule façon de sortir de l'impasse était d'organiser des élections anticipées afin de redonner une majorité au chef du gouvernement.

«Nous n'essayons pas de l'anéantir, nous essayons de préserver l'économie britannique, l'emploi et les services publics», a rétorqué une figure du Labour, Jonathan Ashworth, lundi sur la BBC.

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