Simon Wallfisch a pris place sur le podium à côté du piano, entouré de sa famille. Chez les Wallfisch, on est musicien de père en fils. Sans la musique, la famille aurait été décimée par l’Holocauste. La grand-mère de Simon, Anita Lasker-Wallfisch, 94 ans, est assise au premier rang avec le public. Son violoncelle l’a sauvée. Incorporée à l’orchestre de filles du camp d’Auschwitz dès sa descente d’un train de la mort, elle a joué à l’occasion pour le Dr Mengele, qui se livrait à des expérimentations «médicales» sur les détenus. Seules les trois filles d’Alfons Lasker, un avocat juif réputé et cultivé de Breslau (ville allemande située aujourd’hui en Pologne), ont survécu à la guerre.