L’ambassadeur britannique auprès de l’Union européenne Ivan Rogers a démissionné de ses fonctions, moins de trois mois avant le déclenchement de la procédure de sortie du Royaume-Uni de l’UE, a-t-on appris mardi de source proche du dossier.

Selon les médias britanniques, ce départ serait lié à une détérioration de ses relations avec certains membres du gouvernement sur le dossier du Brexit.

Le Foreign Office n’a pas voulu donner de raison officielle au départ de son ambassadeur. Le mois dernier, la BBC avait révélé qu’il avait informé le gouvernement britannique qu’un accord pourrait mettre dix ans à finaliser, selon son avis et selon celui des 27 autres membres de l’UE.

Lors de cette rencontre, en octobre, M. Rogers aurait également souligné que le futur accord courait aussi le risque d'être rejeté par les parlements de ces pays qui devront tous être consultés.

«Ce n'est pas la position de Sir Ivan Rogers et ce n'est pas la position du gouvernement», avait réagi le porte-parole de Downing Street. «L'ambassadeur a répercuté des avis qui lui sont parvenus, comme il se doit».

Theresa May a assuré qu'elle activerait l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui ouvrira les négociations de sortie, avant la fin du mois de mars.

Les propos d'Ivan Rogers avaient déclenché la furie de la presse anti-européenne tandis que des sources diplomatiques à Bruxelles avaient estimé que le diplomate avait peut-être été la victime de pro-Brexit soucieux de se débarrasser de lui.

«Sa démission n'est pas une surprise pour ceux qui travaillent avec lui», a commenté un diplomate européen. «Il était très compétent, mais pas convaincu par la décision d'un Brexit et la ligne du gouvernement britannique, qui entraînera le Royaume-Uni dans une zone d'incertitude dangereuse».

Sir Ivan aurait dû rester en poste jusque novembre 2017.