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Un manifestant anti-Brexit portant un masque à l'image de l'Union européenne, Londres 2017.
© Peter Nicholls/Reuters ©

Royaume-Uni

Brexit, l’heure des scénarios catastrophes

Une sortie de l’UE sans accord est de plus en plus envisagée. Alors que le gouvernement britannique peine à trouver un compromis entre europhiles et eurosceptiques, certains commencent à imaginer le pire quant aux risques d’un Brexit «dur»

Des avions de l’armée qui ravitaillent en nourriture et médicaments, des pénuries d’essence et une ambiance de «guerre civile», voilà le scénario catastrophe prévu par certains au Royaume-Uni en cas de no deal, c’est-à-dire d’absence d’accord sur le Brexit.

Plus d’un an après le début des négociations et deux ans après le référendum, le gouvernement britannique peine toujours autant à se mettre d’accord sur les conditions de la sortie de l’Union européenne. Un jour accusée d’être trop conciliante envers l’UE puis le lendemain de proposer un Brexit trop dur, la première ministre Theresa May ne s’en sort pas avec ces négociations au sein même de son cabinet. Mais alors que le parlement est actuellement en pause estivale et que la cheffe du gouvernement britannique fait du tourisme en Italie avec son mari, les «Brexiters» durs, eux, ne prennent pas de repos.

A ce propos: Sans accord sur le Brexit, Amazon prévoit des «troubles civils»

Un rapport sur les conséquences

Jacob Rees-Mogg, député ultra-conservateur en charge du groupe de recherche sur l’Europe au sein de son parti, estime que le gouvernement tente d’effrayer les électeurs afin qu’ils soient plus conciliants sur les termes du Brexit. De son côté, Steve Baker, ancien secrétaire d’Etat au Brexit qui a démissionné début juillet, se dit «très préoccupé par la stratégie de communication du gouvernement autour du no deal». Ce dernier réclame également la publication d’un rapport qu’il a commandé lorsqu’il était en poste, sur les conséquences d’un no deal pour chaque membre de l’Union européenne et pas seulement le Royaume-Uni.

Ces réactions surgissent alors que le gouvernement avait promis de publier pendant l’été des documents expliquant les conséquences d’un Brexit sans accord. Finalement, la publication aura lieu fin août ou début septembre. Mais des informations auraient fuité. On parle par exemple du déploiement de l’armée comme l’une des solutions pour parer aux pénuries de nourriture et de médicaments.

L’absence d’accord annulerait la période de transition prévue jusqu’à décembre 2020 et sous-entend donc que le pays devrait se soumettre aux tarifs de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), moins avantageux que ceux négociés au sein de l’Union européenne. Avant le référendum, le patron de l’OMC Roberto Azevêdo avait averti: la sortie de l’UE entraînerait pour les exportateurs britanniques 5,6 milliards de livres par an de droits de douane supplémentaires.

Lire également: L’impasse du Brexit fait ressurgir le spectre d’un divorce sans accord

Produits bloqués aux frontières

Si les ennemis de Theresa May parlent d’un Project fear ou «Projet peur» numéro deux – en référence à la campagne des pro-européens avant le référendum de 2016 que les partisans du Brexit estimaient basée sur la peur –, certaines craintes semblent pourtant bien réelles. Selon Erik Millstone, professeur à l’Université de Sussex et expert en politique alimentaire, les conséquences d’un no deal pourraient bien être désastreuses: «Il y a vingt ou vingt-cinq ans les revendeurs avaient environ une semaine ou dix jours de stocks mais aujourd’hui ils n’ont qu’un jour et demi ou deux, donc c’est tout à fait réaliste de penser qu’il y aura des pénuries.»

Le problème vient surtout des produits périssables dont le Royaume-Uni est très dépendant, comme les fruits et légumes ou encore les produits laitiers, mais aussi de la capacité de stockage insuffisante du pays à l’heure actuelle. Sans accord, cela signifie que des camions remplis de biens périssables seraient bloqués aux frontières pour les contrôles. «Si le gouvernement avait envisagé ce scénario dès le vote de 2016, il aurait pu s’organiser mais maintenant c’est trop tard d’ici à mars 2019», explique le professeur. En effet, pour être sûr que le trafic des biens soit fluide, il faut des infrastructures plus importantes et du personnel supplémentaire, une logistique quasiment impossible à mettre en place dans les 8 prochains mois.

Le temps presse

L’une des solutions serait donc de rester dans l’union douanière ou le marché unique, mais ce sont justement ces sujets qui bloquent auprès des partisans d’un Brexit «dur». Dans le dernier plan de sortie de l’Union européenne, ou plan de Chequers, la première ministre proposait un accord douanier simplifié mais ce dernier a été rejeté par le négociateur européen en chef Michel Barnier.

C’est donc un retour à la case négociation qui devra être effectué à la fin de la pause estivale du gouvernement britannique. Cette fois il faudra trouver une solution car le temps presse. C’est lors du sommet européen des 18 et 19 octobre que le Royaume-Uni devra présenter son accord de retrait avant la sortie définitive de l’Union européenne le 29 mars prochain.

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