Royaume-Uni

Brexit: Londres annonce une percée dans ses négociations avec l'UE

Theresa May s'est rendue à Strasbourg lundi soir pour tenter d'arracher d'ultimes concessions aux parlementaires européens à la veille d'un vote crucial au Royaume-Uni. Londres a annoncé avoir obtenu «des changements légalement contraignants»

Le gouvernement britannique a réalisé une percée dans ses négociations avec l'Union européenne concernant le Brexit. Londres a obtenu lundi «des changements légalement contraignants», a annoncé le vice-Premier ministre David Lidington devant le Parlement.

«Un instrument conjoint avec un poids juridique comparable à l'accord de retrait (sur le Brexit) va garantir que l'Union européenne ne peut pas agir avec l'intention de mettre en oeuvre le filet de sécurité indéfiniment» en ce qui concerne le statut de l'Irlande du Nord, a précisé Theresa May depuis la ville alsacienne où le Parlement européen tient session plénière cette semaine.

Deux nouveaux documents viennent donc s'ajouter au «paquet» sur lequel les députés britanniques devront s'exprimer: outre «l'instrument conjoint» évoqué par Theresa May, une «déclaration conjointe» en complément de la déclaration politique sur la future relation «énonce un certain nombre d'engagements visant à améliorer et à accélérer le processus de négociation et d'entrée en vigueur» de cette future relation.

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Un accord «amélioré» présenté mardi

Soulignant que les discussions se poursuivaient entre Theresa May et les dirigeants européens réunis dans la ville alsacienne où se tient une session plénière du Parlement européen, David Lidington a promis aux députés britanniques la présentation de deux documents.

Ce soir à Strasbourg, la Première ministre a obtenu des changements légalement contraignants qui renforcent et améliorent l'accord de retrait et la déclaration politique. Demain vous aurez à faire un choix fondamental, voter pour cet accord amélioré ou plonger le pays dans une crise politique

Le vice-Premier ministre britannique David Lidington

«Le premier confirme que l'UE ne pourra pas piéger le Royaume-Uni dans le filet de sécurité indéfiniment», a précisé le dirigeant britannique, en référence au dispositif qui prévoit le maintien, en dernier recours, du Royaume-Uni dans une union douanière pour éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord. En outre, «l'instrument commun reflète l'engagement du Royaume-Uni et de l'UE à travailler au remplacement du filet de sécurité avec des arrangements alternatifs d'ici décembre 2020.»

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David Lidington a appelé les députés à voter en faveur de l'accord ainsi «amélioré», lorsqu'il leur sera présenté mardi, affirmant que «ce sera le seul accord sur la table.» «Demain vous aurez à faire un choix fondamental, voter pour cet accord amélioré ou plonger le pays dans une crise politique», a-t-il mis en garde. Mi-janvier, les élus britanniques avaient massivement rejeté l'accord conclu par Theresa May fin novembre avec Bruxelles, la renvoyant à la table des négociations.

Des annonces accueillies avec prudence

«C'est cet accord ou le Brexit pourrait ne pas se produire du tout», a immédiatement mis en garde le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. «Il n'y aura pas de troisième chance.» Mais quelques minutes plus tard déjà, depuis Londres, le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn appelait à voter contre l'accord.

Le principal objectif de Theresa May était d'obtenir des garanties sur le «filet de sécurité», ou «backstop», un dispositif de dernier recours visant à éviter le retour d'une frontière physique en Irlande du Nord, afin de préserver les accords de paix de 1998 et l'intégrité du marché unique européen, mais dont les Brexiters ne veulent pas.

Selon Jean-Claude Juncker, le Premier ministre irlandais Leo Varadkar «serait préparé à soutenir» l'approche déterminée lundi soir «dans l'intérêt d'un accord global».

Le chef des députés du DUP, la formation unioniste nord-irlandaise dont le soutien est essentiel pour que l'accord passe à la Chambre des Communes, a accueilli les annonces prudemment. «Nous allons certainement analyser cela avec beaucoup, beaucoup de soin», a déclaré Nigel Dodds.

Une rencontre avec le président du Parlement européen

Alors que les dirigeants européens ont refusé de rouvrir les négociations sur le texte même de l'accord de retrait, Michel Barnier, le négociateur en chef européen, avait répété être prêt à «donner une force juridique» contraignante à l'engagement maintes fois répété de tout faire pour que le «backstop» ne s'éternise pas.

Le président du Parlement européen Antonio Tajani, dont l'institution doit aussi ratifier l'accord, a également rencontré Theresa May lundi soir. «Nous avons fait tout notre possible pour rassurer le Royaume-Uni. Nous attendons avec impatience un vote positif à la Chambre des communes», a tweeté Antonio Tajani.


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