Après la sortie de l’UE le 31 janvier dernier, Londres a continué d’appliquer les règles européennes et négocie avec Bruxelles les modalités de leur nouvelle relation, notamment concernant leurs échanges commerciaux, sans avancée significative.

Avant un mini-sommet virtuel réunissant lundi le premier ministre Boris Johnson et les dirigeants de l’UE, la question du calendrier a été écartée. Comme le gouvernement britannique le martèle depuis des mois, il ne compte pas demander de prolongation de la période de transition au-delà du 31 décembre, comme il peut le faire en théorie jusqu’à fin juin.

«C’est réglé»

Le ministre d’Etat Michael Gove a indiqué l’avoir «officiellement confirmé» lors d’une réunion virtuelle avec le vice-président de la Commission européenne chargé des relations institutionnelles, Maros Sefcovic. «C’est réglé, a-t-il insisté à la télévision. Cela apporte de la clarté et de la certitude aux entreprises pour leur permettre de se préparer.» Michael Gove «n’aurait pas pu être plus clair», a constaté Maros Sefcovic devant la presse. «Je le prends comme la conclusion définitive de cette discussion.»

Sur Twitter, le négociateur européen Michel Barnier «a pris note de la décision britannique de ne pas prolonger». «Nous devons maintenant faire des progrès sur le fond», a-t-il averti.

Depuis le mois de mars, quatre sessions de négociations entre Londres et l’UE, à raison d’une semaine par mois, n’ont pas permis d’enregistrer des progrès sur les points les plus conflictuels de l’accord de libre-échange espéré.

Parmi eux, les garanties de concurrence équitable exigées par l’UE en échange d’un accord commercial sans quotas ni droits de douane pour éviter de voir surgir une économie dérégulée à sa porte, le règlement des différends entre les deux parties ou la question explosive de la pêche.

Absence de progrès

Faute d’accord, les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avec leurs droits de douane élevés, s’appliqueraient aux relations commerciales entre ces anciens partenaires. De quoi affaiblir des économies déjà frappées de plein fouet par la pandémie de nouveau coronavirus.

Lire aussi: Entre Bruxelles et Londres, une nouvelle guerre d’usure

Lundi, des discussions, les premières à ce niveau, se tiendront par visioconférence entre Boris Johnson, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen (représentant les 27 Etats membres) Charles Michel et celui du Parlement européen, David Sassoli. Michel Barnier assistera aussi à cette réunion, selon une source européenne.

Constatant une nouvelle fois l’absence de progrès début juin, à l’issue d’une nouvelle session de négociations par visioconférence – un format qui a pesé sur les échanges – les deux camps avaient décidé de changer de braquet, dans l’espoir d’aboutir à un accord fin octobre. Cela laisserait suffisamment de temps aux Etats membres et au Royaume-Uni pour ratifier un éventuel texte avant la fin de l’année.

Craintes galloises et écossaises

A côté des négociations formelles chaque mois – fin juin, en juillet et en août – se tiendront des réunions en format plus restreint, à la fois à Londres et Bruxelles «si les conditions sanitaires le permettent», selon Londres.

Pour ne pas pénaliser les entreprises déjà victimes des effets économiques de la pandémie de nouveau coronavirus, le gouvernement britannique a annoncé vendredi que les contrôles douaniers des biens importés de l’UE ne seraient pas introduits brutalement mais par étapes sur les six premiers mois de 2021.

Lire aussi: Londres tenté par un Brexit sans accord

«Cette approche flexible et pragmatique donnera à l’industrie plus de temps pour procéder aux arrangements nécessaires», a-t-il souligné dans un communiqué pour expliquer ce revirement.

Malgré ces assurances, les chefs des gouvernements écossais et gallois ont écrit une lettre commune à Boris Johnson vendredi pour le prier de demander à l’UE une prolongation de la période de transition, afin de soutenir les entreprises. «Nous pensons que sortir de la période de transition à la fin de l’année serait extraordinairement imprudent», ont écrit la première ministre écossaise Nicola Sturgeon et son homologue gallois Mark Drakeford.

Retrouvez nos principaux articles précédents sur le Brexit dans notre dossier spécial