Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Les risques d'un «non-accord» sont réels, alors qu’il ne reste que sept mois avant l’entrée en vigueur effective du Brexit le 29 mars 2019, à minuit, heure de Bruxelles.
© Frank Augstein / AP

Royaume-Uni

Brexit: les vertigineux préparatifs en cas de «non-accord»

Tout en travaillant à un accord, Londres détaille les complexes ramifications d’un échec des négociations, du transport des médicaments jusqu’au don de sperme

Le gouvernement britannique a publié jeudi une vertigineuse liste des problèmes que poserait un Brexit sans accord. Le secteur financier, l’encadrement du commerce, la reconnaissance des aliments bios, les paiements des aides de la Politique agricole commune, le transport des organes humains, les droits des travailleurs, les tests de qualité des médicaments, le transport de produits radioactifs civils, le paiement de la TVA, la classification des biens à l’exportation, l’encadrement des aides d’Etat, la vente d’aliments OGM…

Autant de domaines qui sont actuellement encadrés par les règles européennes et qu’il faudra résoudre si les négociations entre Londres et Bruxelles échouent. Même les dons de sperme seraient affectés: 3000 sont importés du Danemark au Royaume-Uni chaque année, ce qui s’effectue dans le cadre d’une directive européenne.

Il est de notre devoir, en tant que gouvernement responsable, de nous préparer à toute éventualité

Au total, les retombées en cas de «no deal» sont détaillées pour vingt-cinq secteurs et sous-secteurs, dans des notes explicatives qui vont de trois à onze pages. Et encore ne s’agit-il que d’une première série de documents: le gouvernement va en publier deux fois plus d’ici à fin septembre. Chacun de ces dossiers, individuellement, n’est pas nécessairement très compliqué à résoudre. Mais leur quantité rend le risque d’un chaos post-Brexit réel.

Le gouvernement britannique précise qu’un «non-accord» demeure un scénario «improbable». «Ce n’est pas ce que nous voulons et ce n’est pas ce à quoi nous nous attendons», explique Dominic Raab, le ministre du Brexit. Mais les risques sont réels, alors qu’il ne reste que sept mois avant l’entrée en vigueur effective du Brexit le 29 mars 2019, à minuit, heure de Bruxelles. «Il est de notre devoir, en tant que gouvernement responsable, de nous préparer à toute éventualité», expliquent les documents britanniques.

«Priorité à la stabilité»

Les risques d’un non-accord ont augmenté ces derniers mois, parce que l’échec des négociations peut se dérouler à deux niveaux. Le premier est bien sûr entre Londres et Bruxelles. Mais même en cas de compromis, rien ne dit que la Chambre des communes approuverait ce que la première ministre britannique rapporterait de Bruxelles. Celle-ci ne dispose que d’une majorité relative, dépendant du bon vouloir d’une cinquantaine de ses propres députés, qui sont les plus ardents brexiters. Pour eux, sa dernière proposition, qui est de rester dans le marché unique pour les biens (pas les services), va trop loin.

Dans ces conditions, le Royaume-Uni a démarré les préparatifs. Près de 7000 fonctionnaires travaillent au Brexit, et le budget est en place pour en recruter 9000 autres en cas de besoin. A court terme, 300 personnes vont être embauchées aux douanes. L’objectif du gouvernement britannique, détaillé dans les documents techniques, repose sur une ligne directrice: «priorité à la stabilité». Autant que possible, l’idée est que rien ne change dans l’immédiat.

L’exemple des médicaments est parlant. Après fabrication, ceux-ci doivent actuellement être testés, pour s’assurer de leur qualité. Après le Brexit, les tests réalisés dans l’UE ne seraient théoriquement plus reconnus au Royaume-Uni. Mais le gouvernement britannique s’engage à ce que cela reste le cas. Cela permettra d’éviter que des médicaments soient bloqués à la frontière, ou interdits de vente, pour des questions réglementaires. En revanche, rien n’assure que l’UE assurera la réciproque.

La réglementation européenne reproduite

Dans de nombreux autres domaines, le Royaume-Uni propose de répliquer unilatéralement la réglementation européenne. Il promet ainsi de verser aux agriculteurs des sommes équivalentes à celles de la Politique agricole commune jusqu’en 2020. Il se porte garant du financement des projets britanniques d’Horizon 2020, un programme d’aide à la recherche scientifique. La vente de produits OGM, actuellement régulée par Bruxelles, sera faite depuis Londres mais «suivant les mêmes critères». Les règles encadrant la vente et les publicités pour les cigarettes demeureraient identiques. S’il en venait à quitter abruptement l’UE, le Royaume-Uni n’aura jamais autant copié les règles de son voisin.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a