Royaume-Uni

Les Britanniques plébiscitent le Brexit selon les médias britanniques

Les deux camps étaient au coude-à-coude cette nuit. Le vote pour une sortie de l'Union européenne serait en tête avec 52%. Le taux de participation au référendum est estimé à 72,2%

Les Britanniques auraient choisi le divorce. Le vote pour une sortie de l'Union européenne serait en tête avec 52 %, selon les projections de la BBC et de Sky News vendredi, après dépouillement des bulletins dans 302 des 382 centres. Le taux de participation au référendum est estimé à 72,2%.

Le chef du parti europhobe Ukip, Nigel Farage, qui a mené campagne pour un Brexit, ou British Exit, a dans la foulée tweeté qu'il se prenait à «rêver que l'aube se lève sur un Royaume-Uni indépendant».

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De son côté, la premier ministre de l'Ecosse, Nicola Sturgeon, a prévenu vendredi que l'Ecosse voyait «son avenir au sein de l'Union européenne», après le vote des Britanniques favorable au Brexit selon les projections des médias britanniques. «Alors qu'on attend encore le résultat final, le vote ici (en Ecosse) montre clairement que les Ecossais voient leur avenir au sein de l'UE», a déclaré la dirigeante du parti national écossais SNP.

La livre sterling, qui avait grimpé à un pic de 1,50 dollar en six mois, a chuté sous 1,33 dollar après l'annonce des résultats plaçant les camps du «in» et du «out» au coude-à-coude.

Un revirement inédit des bookmakers

Des sondages, des politiques et les marchés pointaient en début de soirée vers une courte victoire du maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE. Mais des résultats largement favorables au Brexit dans plusieurs villes du nord de l'Angleterre et au Pays de Galles ont douché cet enthousiasme.

Revirement spectaculaire, les bookmakers, qui donnaient plus de 90% de chances à une victoire du «Remain» à la clôture des bureaux de vote jeudi à 21 heures, ont commencé à miser sur un Brexit au début de la nuit. Jusqu'à ce que les premiers résultats de Londres, très en faveur d'un maintien dans l'UE, les poussent à revenir à leur pari initial.

La tension était au maximum et le suspense total, alors que seulement 20% des votes étaient dépouillées peu avant 2 heures. Le résultat officiel de ce référendum aux enjeux colossaux pour l'avenir du Royaume-Uni et du reste de l'Europe devrait être annoncé vendredi au petit matin. On attendait toujours le verdict définitif des grandes villes, dont Londres. La City de Londres, le quartier de la Finance, a voté à une majorité écrasante pour un maintien mais le nombre de voix est trop insignifiant pour peser.

«C'est extrêmement serré, cela va se jouer sur un rien», estimait le député et ancien chef du Parti national écossais (SNP) Alex Salmond sur le plateau de la BBC. Au QG de la campagne de «Vote Leave», dans un immeuble londonien, l'atmosphère était à la fête en début de nuit: les bouchons de champagne ont sauté à l'annonce du premier résultat pour un Brexit, celui de Sunderland. 

Présent dans la salle, Nigel Farage, le leader du parti europhobe Ukip, avait pourtant déclaré juste après la clôture des votes: «Il semble qu'un maintien dans l'UE ait l'avantage».

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Un Brexit synonyme de turbulences politiques

Outre les conséquences économiques immédiates pour le pays et au delà, un Brexit serait dommageable à plus long terme, ont prévenu les grandes institutions financières internationales, du FMI à l'OCDE. «Le génie est sorti de la bouteille et il ne sera plus remis dedans. L'UE est condamnée, finie de toute façon. Si nous échouons ce soir, quelqu'un d'autre réussira», a estimé Nigel Farage jeudi soir.

Un Brexit ouvrirait aussi une période de turbulences politiques, avec un possible départ de David Cameron. Le Premier ministre britannique, qui a mis en jeu sa crédibilité en menant campagne pour le maintien dans l'UE, a voté à Londres sans faire de déclaration. Il a appelé un peu plus tard ses compatriotes à opter pour le maintien, gage selon lui d'un «avenir meilleur».

Le référendum a exposé les profondes divisions au sein des Tories et de son gouvernement conservateur, dont plusieurs membres ont fait campagne pour un Brexit. Malgré ces divisions, 84 députés conservateurs eurosceptiques ont publié après la fermeture des bureaux de vote une lettre affirmant que David Cameron devait rester Premier ministre quel que soit le résultat du référendum.

Lire aussi: Comment Boris Johnson a inventé l’europhobie britannique

Cherchant à freiner les divisions au sein de son parti conservateur, David Cameron avait annoncé en janvier 2013 la tenue de ce référendum. Mais il a ouvert une boîte de Pandore et déchaîné les passions, attisées par les redoutables tabloïds britanniques, toujours prompts à vilipender l'UE.

Dans cette atmosphère toxique, le meurtre de la députée pro-UE Jo Cox la semaine dernière, par un homme invoquant la «liberté pour le Royaume-Uni», a sidéré le pays, sans que l'impact de ce drame sur le vote ne puisse encore être mesuré.

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