C'est décidé: David Cameron a fixé au 23 juin la date de la tenue du référendum sur la sortie ou non de son pays de l'Union européenne. Hier soir, à Bruxelles, il concluait avec l'Union un accord qu'il jugeait acceptable et bon pour son pays.

Le dirigeant britannique a réitéré que le Royaume-Uni sera «plus fort, plus en sécurité et plus prospère au sein d'une union européenne réformée», lors d'une brève allocution devant le 10 Downing Street.

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Ce n'est pas franchement l'avis d'une partie de la presse anglaise qui a accueilli plutôt fraîchement l'accord conclu.

«Maigre gruau», titre l'éditorialiste du journal conservateur The Times. Qui poursuit: «On savait que, du pays du chocolat, David Cameron ramènerait du caramel (...) Il n'a pas beaucoup d'autre choix que de revenir aux vieux arguments sur les intérêts britanniques mieux préservés en essayant de réformer l'Europe de l'intérieur plutôt que se soumettre aux rigueurs inconnues de la pleine indépendance». Bref, «une sacrée bataille l'attend». Le propriétaire du journal, quant à lui, Robert Murdoch, tweetait: «Félicitations Michael Gove. Ses principes passent avant ses amitiés personnelles», Michael Grove étant le ministre de la Justice ami de Cameron, mais qui soutiendra le Brexit.

Même tonalité au Daily Telegraph, lui aussi conservateur, qui pointe les maigres gains conquis par le premier ministre. «Les Britanniques vont se regarder et se demander : «C'est tout?» A partir de maintenant, les tourments du parti conservateur sur le sujet seront exposés au grand jour.» Un Telegraph qui enfonce, partout où il lui est donné de le faire, le clou. Dans un texte impitoyable, il liste les ambitions du premier ministre à Bruxelles et en contre-point ce qu'il a réellement obtenu: une longue litanie qui permet, quelques clics plus loin sur la home du journal au journaliste Tim Stanley de conclure: « Le deal est faible, faible, faible, la seule alternative viable, c'est le Brexit».

Pire encore du côté du Daily Mail qui ironise: «Tu appelles cela un deal, Dave?» et qui annonce la tenue du référendum tout en rappelant avec mordant que six des membres du cabinet du premier ministres sont pour un Brexit, contrairement à leur chef.

C'est vers la City et le centre gauche que David Cameron trouvera à se mettre un peu de baume sur le coeur: le Guardian trouve le paquet adopté à Bruxelles, «pratique» et estime que ce que le premier ministre a arraché de Bruxelles «peut faire la différence».

Quant au Financial Times, dans un article sobre et synthétique dont il a le secret («The Reckoning: Five points on which to judge the deal», soit, «L'heure du bilan: les cinq points sur lesquels juger du deal»), signé Alex Barker, il donne un satisfecit mesuré sur trois points mais concède que David Cameron a dû lâcher du mou sur deux points.

Aux antipodes de la cautèle du FT, Nigel Farage, le chef du parti euro-sceptique UKIP, s'est une fois de plus lâché sur Twitter en deux micro-messages cinglants: «C'est un accord vraiment pathétique. Quittons l'UE, contrôlons nos frontières, dirigeons notre propre pays et arrêtons de donner 55 millions de livres tous les jours à Bruxelles; Je crois en la Grande-Bretagne. Nous sommes assez compétents pour être une nation indépendante et autonome en dehors de l'UE. C'est une chance en or.»