L’histoire

Bruit de canons au Palais des Nations

Les missions diplomatiques de Russie et de Biélorussie offrent un festival de films dédiés à la Deuxième Guerre mondiale

Canons et chars d’assaut au Palais des Nations

L’histoire

Le bruit des canons, des hymnes patriotiques et des chars d’assaut résonne cette semaine au Palais des Nations de Genève. Conjointement, les missions diplomatiques de Russie et de Biélorussie ont décidé de partager à l’ONU quelques-uns de leurs bijoux en matière de films de guerre. L’occasion? Le 70e anniversaire, le 8 mai, de la victoire des Alliés contre l’Allemagne nazie. Une célébration qui, cette année, prend des allures de guerre des tranchées.

Craignant une récupération politique, des dignitaires occidentaux se sont fait excuser aux cérémonies qui se tiendront à Moscou. «La victoire sur le nazisme est un sujet de grande fierté pour notre nation», rétorque l’ambassadeur russe à Genève Alexeï Borodavkine. Loin d’insister sur ces absences, il préfère mettre en avant la trentaine de chefs d’Etat «qui seront nos hôtes lors de cette fête entre amis».

Un sujet de grande fierté? Nul doute. Aux côtés de quelques œuvres éternelles (Quand passent les cigognes ou Le Destin d’un homme , respectivement réalisés en 1957 et 1959), sont proposés des films tournés au cours de ce seul dernier lustre. Le thème de la victoire héroïque contre le nazisme est d’autant plus populaire aujourd’hui qu’il est abondamment utilisé pour justifier la guerre en Ukraine, où les pro-Russes disent continuer de se battre contre le fascisme. Une preuve de regain du nationalisme à l’œuvre en Russie? «Cette question est absurde. C’est comme reprocher aux Genevois de continuer de célébrer la Fête de l’Escalade», rétorque l’ambassadeur.

Il faut se précipiter au Palais jeudi pour voir Dans la brume , qui avait emballé les critiques lors du Festival de Cannes en 2012. Il évoque le désastre de la guerre en Biélorussie – elle fut fatale à un quart de la population. Mais il suggère aussi l’effacement des frontières, englouties, comme tout le reste, par le brouillard. Son réalisateur? Sergei Loznitsa. Un homme qui, bien qu’il soit né en Biélorussie, est considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands cinéastes… ukrainiens.

www.geneva.mid.ru

Publicité