«[…] 10 heures 50. «Achtung… Steht»: un seul coup de talon immobilise les compagnies noires des S. S. Une épée crisse hors du fourreau. Nu-tête, le Führer, encadré de son état-major, passe entre les rangs de sa garde d’honneur.

Il apparaît au balcon de la maison du comité. Une rumeur folle que semblent prolonger les vagues de bras tendus monte par trois fois: «Heil Hitler… Heil Hitler… Heil Hitler…» Les cuivres attaquent Deutschland über alles et le Horst Wessel [l’hymne officiel nazi] que la foule entonne. Pour user d’un cliché médiocre le terme d’instant solennel s’imposerait, c’est formidable qu’il faudrait dire. Triple Heil, ponctué d’un coup de canon; marche militaire; le drapeau grec d’azur à la croix d’argent timbrée d’une couronne d’or entre dans l’enceinte. […]

En quelques mots énergiques, cordiaux, simples, mais sans banalité, le Dr Ritter Von Halt, président du comité olympique allemand, leur souhaite la bienvenue et les exhorte à garder et à maintenir en dehors des Jeux olympiques l’esprit de camaraderie et de loyauté. Une voix mâle bien timbrée, celle d’Hitler, déclare les Jeux de la IVe Olympiade ouverts; les salves détonent; les cloches sonnent, la flamme olympique commence à brûler. […] Le champion de ski Willy Bogner monte sur l’estrade, saisit la hampe du drapeau hitlérien de la main gauche et, levant la main droite, prête serment. […]

Le haut-parleur avait à peine terminé qu’une cavalcade de spectateurs s’élance vers la sortie. Les S. S., immobiles et sombres, brisèrent cet assaut de leur dos. Ils étaient ainsi au premier rang pour voir passer le Führer.»