Pour la première fois depuis douze ans, la Commission européenne a donné mardi son feu vert à la culture dans l’UE d’un produit génétiquement modifié, une pomme de terre de BASF, provoquant la colère des défenseurs de l’environnement et de l’Italie.

Bruxelles a aussi accepté la commercialisation en Europe de trois variétés de maïs transgéniques de la firme Monsanto, des dérivés du MON 863, selon un communiqué de l’exécutif européen. Une décision moins spectaculaire dans la mesure où des produits OGM importés font régulièrement l’objet d’autorisations pour le commerce.

La vraie nouveauté concerne l’autorisation de la pomme de terre Amflora, un tubercule conçu par la firme BASF destinée à l’usage industriel pour son amidon et à l’alimentation animale. La Commission européenne n’avait plus donné son feu vert à une culture OGM en Europe depuis 1998 et le maïs OGM de Monsanto, le MON 810.

«Chaque Etat est libre d’autoriser ou non la culture de cet OGM», a toutefois précisé le commissaire européen chargé de la Santé, le Maltais John Dalli, pour tenter d’atténuer la portée de cette décision controversée dans une Europe où les aliments transgéniques suscitent des craintes pour la santé humaine et l’environnement.

L’Italie, où aucun OGM n’est cultivé, a immédiatement protesté. «Nous évaluerons la possibilité de promouvoir un front commun de tous les pays qui voudront s’unir à nous pour défendre la santé des citoyens et les agricultures identitaires européennes», a prévenu le ministre italien de l’Agriculture Luca Zaia.

En Suisse, le Conseil national doit se prononcer durant la présente session sur la prolongation jusqu’en 2013 du moratoire sur l’utilisation d’OGM dans l’agriculture. Sa commission de la science propose de se rallier à ce projet.

Adopté par le peuple et les cantons en 2005, le moratoire «pour des aliments produits sans manipulations génétiques» arrive à échéance le 27 novembre 2010. Le prolonger de trois ans devrait permettre d’acquérir de nouvelles connaissances scientifiques.