Le «tour de chauffe» aboutira-t-il à une sortie de route? Prudents, les partisans les plus zélés du plan de relance à 750 milliards d’euros présenté le 27 mai par la Commission européenne se gardent bien de crier victoire avant la réunion, ce vendredi à 10 heures, d’un sommet à distance des dirigeants des 27 pays membres de l’Union européenne (UE).

«Tour de chauffe, cela veut dire qu’on ne décidera rien. On verra si le moteur tourne et jusqu’où l’on peut appuyer sur l’accélérateur. Un autre sommet, voire deux si cela est nécessaire, devra avoir lieu en juillet pour boucler l’affaire», résume un diplomate. Derrière leurs écrans à Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et son homologue du Conseil (représentant des Etats membres), Charles Michel, se retrouveront en effet devant un fossé de taille: celui qui continue de séparer d’un côté les Etats «frugaux» (Suède, Danemark, Autriche, Pays-Bas… plus leurs alliés de circonstance), pour qui l’UE doit emprunter au minimum, et prêter avec le maximum de conditions, et de l’autre les défenseurs d’une relance à base d’emprunts communautaires distribués sous forme de subventions, solution défendue par la France et l’Allemagne depuis la proposition conjointe Merkel-Macron du 18 mai.