Adelma, 36 ans et mère de deux jumelles, devait prendre l’avion pour New York pour rendre visite à l’une de ses sœurs à l’occasion des vacances de Pâques. Elle était à l’aéroport de Zaventem mardi le mardi 22 mars à 8h, lorsque les deux kamikazes ont fait exploser leurs bombes. Elle est morte sur le coup. Léopold, 20 ans, étudiant en deuxième année de droit à l’université Saint-Louis, était dans le métro à Maelbeek à 9h lorsqu’une déflagration a fait sauter la rame dans laquelle il se trouvait. Il a succombé à ses blessures. Dans la nuit de mardi à mercredi, ses parents ont décidé de faire don de ses organes. «Nous espérons que ce don sauvera une vie ou aidera une personne», a dit sa mère au quotidien belge Le Soir.

Aline, Karen, Léopold, Berit, Sacha, Loubna, Raghavendren, ils étaient parmi les 31 victimes décédés dans les attentats de mardi. Sans oublier quelque 300 blessés dont une soixantaine sont encore aux soins intensifs et quatre dans le coma. Si le nombre de morts a été précisé par le Ministère belge de la santé mercredi soir, tous n’ont pas encore été identifiés avec certitude. Avec l’aide des familles, l’équipe spécialisée du Disaster Victimes Identification espère avancer. La tâche ne sera pas facile, au vu de la force des déflagrations tant à Zaventem qu’à Maelbeek.

Les témoignages des survivants

Les survivants commencent à raconter leurs mésaventures, et certains d’entre eux ont même repris le métro jeudi matin. «Je suis touchée à la jambe, mais je veux vivre comme avant les attentats», a dit Chantal à la chaîne RTL. Mathieu avait aussi prévu des vacances de pâques à New York avec sa famille. «Je ne voulais même pas savoir si j’étais blessé; je suis parti au secours de ma famille», raconte-t-il. Irène, elle se dit miraculée. «Le cours de ma vie a changé ce mardi matin. Il y a eu une explosion au moment même où le métro quittait l’arrêt. On s’est rendu compte immédiatement de la catastrophe.»

A trois jours des attentats, les émotions sont encore très vives à Bruxelles, voire dans le pays. Au troisième jour après les attentats, le pays s’est figé une nouvelle fois pour observer une minute de silence pour rendre hommage aux victimes. «Le gouvernement mettra tout en œuvre pour faire la lumière sur les attentats, a déclaré le premier ministre belge Charles Michel lors de la cérémonie d’hommage mercredi organisée dans l’enceinte du Parlement. Nous ne céderons pas à la barbarie.»

Un retour à la normale en plusieurs semaines

Le retour à la normale a débuté, mais prendra plusieurs semaines, voire des mois. Pour le ministre-président de Bruxelles Rudi Vervoork, il était impératif de montrer que «tout fonctionne tant aux Bruxellois qu’à la planète entière». En maintenant d'abord l’alerte 4, ce qui est le niveau maximal concernant la sécurité, l’État fédéral n’a pas demandé à la population de rester chez elle. Même s’ils sont peu fréquentés, les centres commerciaux ont repris leurs activités. Un gérant de magasin de vêtements affirme que les ventes sont été nulles mercredi et jeudi dans la matinée. Jeudi soir, les autorités ont décidé de passer au niveau 3.

La plupart des écoles ont ouvert leurs portes déjà mercredi. «Nous parlons de la catastrophe et les élèvent posent beaucoup de questions aussi entre eux», relate Simone, une enseignante.

Le gros défi est de rendre le transport en commun opérationnel le plus rapidement possible. Le métro a commencé à fonctionner mais plusieurs stations ne sont pas desservies. Des bus de remplacement ont été mis en service mais ne fonctionnent toutefois que jusqu’au 19h. Les lignes ferroviaires et internationales ont entamé un retour à la normale.

Jusqu’à nouvel ordre, le périmètre de sécurité autour de l’aéroport de Bruxelles est maintenu. L'aéroport est fermé jusqu'à dimanche inclus. Les lignes internationales sont déviées sur Charleroi, Liège et Anvers.


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