Un sommet européen n’a rien de très glamour. Ceux qui voient dans l’Union européenne une colossale bévue technocratique auraient, à chaque fois, de quoi nourrir leur besace d’arguments dévastateurs. Car rien n’est sexy ou agréable dans cette Europe-là. La salle de presse, installée dans l’atrium du bâtiment du Conseil européen, fait penser à un hall de gare transformé en centre de triage des doléances et réclamations après une catastrophe. Le restaurant, au sous-sol de l’édifice, est une cantine plutôt moyenne, moins chère il est vrai que les estaminets des environs. Pas le choix de toute façon: tout est bouclé et fermé aux alentours. Place aux barrages de barbelés et à l’impressionnant dispositif sécuritaire qui se répète au moins tous les trois mois. Un sniper de la police belge veille sur le toit. Les limousines des dirigeants européens, précédées de leurs escortes de motards, sont les seules autorisées à pénétrer.