Imaginez la scène: engagés au Sahel pour combattre les djihadistes, les commandos européens de «Takuba» – l’unité de forces spéciales de l’opération française Barkhane, renforcée par des contingents de plusieurs pays membres – doivent soudainement interrompre leur traque dans le désert. Motif: l’accumulation d’heures supplémentaires, en contravention avec l’arrêt rendu par la Cour de justice européenne le 15 juillet. Voici donc les centurions en… arrêt de travail, l’arme au pied.

«C’est la conception même d’une armée opérationnelle en permanence qui est menacée», dénonce dans les colonnes du Monde l’ancien premier ministre – et officier de réserve – Edouard Philippe. Un avertissement que le Rassemblement national a déjà transformé en appel public à la dissidence: «Il n’est pas envisageable que la France transpose dans son droit cette décision de la CJUE […] Il en va de la souveraineté de notre modèle militaire et de maintien de l’ordre» estime le mouvement de Marine Le Pen dans un communiqué.