Six heures du matin, ce lundi à Bruxelles. Dans la bouche de ce diplomate bruxellois, le langage reste diplomatique comme il se doit, mais il dit le pugilat politique nocturne: «Il y a eu une passe très dure hier soir. Le président français, suivi de la chancelière, a tapé du poing sur la table. A la suite de ça, un mouvement des «frugaux» a commencé à s’amorcer. Une courte plénière s’est tenue aux alentours de 5h30. Il y a désormais une piste d’accord.»

Impossible, à ce stade, de prédire que le sommet européen entamé vendredi matin à Bruxelles sur le projet de relance économique à 750 milliards d’euros financé en partie par des emprunts «au nom de l’UE» ne va pas s’achever par un désastre. L’initiative ambitieuse présentée le 18 mai par la France et l’Allemagne, et intégrée le 27 mai dans un «paquet» budgétaire d’environ 1800 milliards d’euros sur sept ans baptisé «Next Generation EU» par la Commission européenne, a bien failli faire éclater l’Union, alors que la pandémie repart à la hausse et menace de terrasser l’économie du continent…